Volkswagen en Tanzanie : l’écologie des riches, au prix de l’expulsion des Maasaïs !
Le fait principal
Volkswagen, dans un projet de compensation carbone en Tanzanie, se prépare à expulser les Maasaïs de leurs terres ancestrales, au nom de la lutte contre le changement climatique. Une situation qui soulève des questions sur la légitimité de telles initiatives.
Ce qui s’est passé
Dans le village d’Eluwai, au nord de la Tanzanie, Mirihai Ngilepo, militant Maasaï, dépeint un tableau inquiétant : « Ils viennent chez vous, vous expliquent que vous avez décroché un contrat et que vous êtes libre de vous retirer. Puis, dès que vous essayez de vous retirer, ils vous intimident. » Ce projet de compensation, qui s’étend sur environ 970 000 hectares, est mené par « Soils for the Future Tanzania Ltd » (SftFTZ) et financé par Volkswagen. Les Maasaïs, qui n’ont pas donné leur consentement libre et éclairé, craignent de perdre leurs terres, un enjeu fondamental pour leur survie.
Le contexte
La compensation carbone est devenue une pratique courante pour les entreprises cherchant à compenser leurs émissions. Cependant, ce modèle soulève des préoccupations éthiques, notamment lorsqu’il implique l’expulsion de communautés locales. En Tanzanie, les Maasaïs, peuple pastoral, se voient confrontés à des projets qui menacent leur mode de vie traditionnel au profit d’intérêts économiques souvent opaques.
Les chiffres à retenir
– 970 000 hectares : superficie du projet de compensation carbone.- Aucun consentement libre, préalable et éclairé des Maasaïs impliqués.
Ce que cela révèle
Cette situation met en lumière une contradiction criante : alors que les entreprises comme Volkswagen se présentent comme des champions de l’écologie, elles piétinent les droits des populations locales. Le discours sur la durabilité semble bien éloigné des réalités vécues par les Maasaïs. En effet, en cherchant à compenser des émissions, ces multinationales oublient souvent que le véritable écosystème à préserver inclut aussi les droits et les terres des peuples autochtones.
Ce qu’il faut retenir
Le projet de Volkswagen en Tanzanie illustre les dérives d’une certaine approche de la compensation carbone, où les promesses de durabilité cachent des violations des droits humains. Dans cette quête de neutralité carbone, les Maasaïs, eux, se battent pour ne pas devenir les victimes collatérales d’une écologie mal comprise.
Source : L’Humanité
