L’Anses étouffée par l’agrochimie : quand la santé publique passe au second plan en France.
Le fait principal
Un rapport accablant de l’ONG Pollinis dénonce l’asphyxie de l’Anses, l’agence chargée d’évaluer les pesticides, par l’agrochimie et ses alliés politiques. Publié le 24 septembre, ce document révèle que l’agence est sous pression, entravée par un sous-financement chronique et des manœuvres politiques visant à subordonner l’évaluation scientifique aux intérêts de l’industrie.
Ce qui s’est passé
Intitulé « Anses, l’expertise sous pression », le rapport donne la parole aux agents de l’Anses, qui se disent pris en étau entre l’augmentation de leurs missions et des attaques incessantes du gouvernement et de parlementaires proches des lobbys agro-industriels. Depuis 2024, l’agence a subi une réduction de près de sept millions d’euros de son budget, rendant son modèle de financement profondément déficitaire.
Le contexte
Les tensions autour du financement des agences d’État se ravivent dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) 2027. Les attaques se multiplient, notamment à travers des lois comme la loi Duplomb ou la loi d’urgence agricole, qui visent à affaiblir l’indépendance scientifique de l’Anses.
Les chiffres à retenir
- Amputation de près de 7 millions d’euros du budget de l’Anses depuis 2024.
- Les industriels financent seulement 8 millions d’euros d’un coût de 16 millions d’euros pour l’évaluation de la toxicité des pesticides.
- 138 dérogations accordées en 2026, contre 110 l’année précédente et 83 l’année d’avant.
Ce que cela révèle
Le rapport souligne une dérive alarmante : l’Anses devient une simple caution scientifique pour des choix politiques favorisant les géants de l’agro-industrie. Les témoignages d’agents révèlent que, lorsque l’expertise de l’agence retarde la mise sur le marché de pesticides, c’est l’agence qui est pressée d’accélérer ses procédures. Cette situation n’est pas sans rappeler les promesses de sécurité sanitaire souvent contournées par des intérêts économiques.
Ce qu’il faut retenir
En somme, l’Anses, censée garantir la sécurité alimentaire et environnementale, est désormais piégée entre des lobbys puissants et un financement insuffisant. La sécurité sanitaire a un coût, mais il semble que ce coût soit de plus en plus supporté par le contribuable, tandis que les industriels continuent à faire des bénéfices sur le dos de la santé publique.
Source principale : Rapport de l’ONG Pollinis
