Quand l’IA plagie : la Sacem défend le droit d’auteur, mais que fait le RN ?
Le fait principal
Demain, à Marseille, se tiendra « Le grand débat IA de la Présidentielle », où huit responsables politiques discuteront des enjeux de l’intelligence artificielle (IA) sur des thèmes cruciaux tels que l’emploi, l’éducation et la souveraineté. Parmi les sujets abordés, la question du droit d’auteur face à l’IA pourrait bien voler la vedette.
Ce qui s’est passé
Cécile Rap-Veber, directrice générale de la Sacem, a récemment souligné l’impact déjà palpable de l’IA sur les métiers créatifs. Selon elle, les candidats à la présidentielle doivent anticiper les pertes de revenus et les destructions d’emplois qui s’annoncent. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en janvier 2025, seulement 10 % des nouveaux morceaux reçus par Deezer étaient générés par IA. Aujourd’hui, ce chiffre a explosé à plus de 50 %, et d’ici la fin de l’année, 90 % des contenus sur les réseaux sociaux pourraient être le fruit de l’IA.
Le contexte
La question du droit d’auteur est cruciale dans ce débat. Alors que l’IA se développe à une vitesse fulgurante, les créateurs s’inquiètent de voir leurs œuvres utilisées sans compensation. Une proposition de loi portée par Laure Darcos vise à instaurer une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’IA. Ce texte, soutenu par l’ensemble des secteurs culturels, pourrait faire de la France un pionnier dans la régulation de l’IA.
Les chiffres à retenir
– 50 % des nouveaux morceaux sur Deezer sont aujourd’hui générés par IA.- 90 % des contenus sur les réseaux sociaux pourraient l’être d’ici la fin de l’année.- 24 % des revenus des créateurs de musique pourraient être menacés d’ici 2028.- 64 milliards d’euros pourraient être générés par les contenus audiovisuels créés par IA, au bénéfice des grandes entreprises technologiques.
Ce que cela révèle
Le futur président devra non seulement constater ces transformations, mais agir. Les promesses de régulation et de protection des droits d’auteur semblent s’opposer à la réalité économique qui se dessine, où les grandes entreprises technologiques capturent la valeur générée par l’IA. Pendant ce temps, le RN, qui prône une souveraineté culturelle, doit jongler avec ses contradictions : comment défendre les créateurs tout en soutenant une technologie qui pourrait les écarter du marché ?
Ce qu’il faut retenir
Le débat sur l’IA et le droit d’auteur est plus qu’une question technique ; il touche à la confiance dans notre système démocratique. À l’heure où la désinformation s’infiltre même dans la communication politique, la nécessité d’une régulation efficace est plus pressante que jamais. Demain, les réponses des candidats pourraient bien déterminer l’avenir de la création en France.
Source : La Tribune
