Tesla et l’UE : quand la promesse d’autonomie se heurte aux freins de la réalité !
Le fait principal
Tesla, le géant américain de l’automobile électrique, repousse encore l’arrivée de son système de conduite autonome, le FSD (Full Self-Driving), dans l’Union européenne, malgré une homologation obtenue dans plusieurs pays.
Ce qui s’est passé
Le 10 avril, l’autorité néerlandaise des véhicules RDW a délivré la première homologation européenne au FSD (Supervised), conformément au règlement n° 171 de l’ONU. Depuis, la Lituanie, l’Estonie, le Danemark, la Belgique, la Slovénie et la République tchèque ont reconnu cette homologation, représentant environ 53 millions d’habitants, soit 12 % de la population de l’Union européenne. Cependant, pour une autorisation à l’échelle de l’UE, Tesla doit obtenir le soutien d’au moins 15 États membres, représentant 65 % de la population, soit environ 292 millions de personnes. Sans l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne, ce seuil semble hors de portée.
Le contexte
La France, qui avait initialement refusé le FSD, a assoupli sa position début septembre après une visioconférence entre Elon Musk et le ministre des Transports Philippe Tabarot. Ce dernier a autorisé des essais sur route, mais l’UTAC, l’organisme chargé de l’homologation en France, n’accepte pas les seules données fournies par Tesla. Les chiffres de sécurité récemment publiés par Tesla, indiquant que ses conducteurs ont eu 4,1 fois moins d’accidents qu’en conduite manuelle, n’ont pas été audités par un organisme indépendant, soulevant des doutes sur leur crédibilité.
Les chiffres à retenir
– 7 pays européens ont homologué le FSD (Supervised) : Lituanie, Estonie, Danemark, Belgique, Slovénie, République tchèque.- Ces pays rassemblent environ 53 millions d’habitants.- Pour une autorisation à l’échelle de l’UE, 15 États membres représentant 65 % de la population sont nécessaires, soit environ 292 millions de personnes.- Plus de 70 000 clients européens utilisent le FSD, parcourant plus d’un million de kilomètres par jour.- Tesla affirme que ses conducteurs ont eu 4,1 fois moins d’accidents qu’en conduite manuelle, mais aucun audit indépendant n’a été réalisé.
Ce que cela révèle
La situation est révélatrice d’un double discours. D’un côté, Tesla promeut un système de conduite autonome comme étant une avancée majeure en matière de sécurité routière. De l’autre, les gouvernements européens, en particulier la France, restent sceptiques face à une technologie qui tolère les excès de vitesse. Philippe Tabarot a même souligné que le FSD permettait à une Tesla de rouler à 70 km/h dans une zone limitée à 50 km/h, un détail qui fait grincer des dents. Pendant ce temps, la Suède demande à l’UE de rejeter le système, à moins que Tesla ne supprime cette fonction. Les pays qui ont accepté le FSD rappellent que le conducteur reste responsable du respect du code de la route, une nuance qui semble échapper à la communication de Tesla. En fin de compte, la promesse d’un futur autonome, si séduisante soit-elle, doit naviguer à travers un océan de réglementations et de préoccupations légitimes.
Ce qu’il faut retenir
Tesla avance à pas de géant, mais la route vers l’homologation européenne du FSD est semée d’embûches. Entre les promesses de sécurité et les réalités inquiétantes, le débat sur la conduite autonome en Europe est loin d’être clos.
Sources : Clubic
