Burkina Faso : quand la lutte contre les ONG devient un sport national pour le pouvoir !
Le fait principal
Le gouvernement burkinabè a décidé de durcir sa politique envers les ONG, imposant un nouveau ratio de financement qui exige que 80 % des fonds soient directement alloués aux activités sur le terrain, laissant seulement 20 % pour les frais de fonctionnement. Cette me a été adoptée lors du Conseil des ministres du 24 septembre 2026.
Ce qui s’est passé
Les autorités militaires burkinabè justifient cette décision par la nécessité de garantir que l’aide humanitaire parvienne réellement aux populations vulnérables, plutôt qu’à des frais administratifs jugés excessifs. Les ONG, quant à elles, dénoncent cette initiative comme une tentative de contrôle de leurs activités. Selon Raphiou Abdoulaye, directeur d’une ONG, cette exigence risque de perturber des financements déjà en cours et de compliquer les accords avec les bailleurs de fonds.
Le contexte
Le Burkina Faso est actuellement confronté à une crise humanitaire majeure, exacerbée par des conflits armés et des déplacements massifs de populations. Les ONG jouent un rôle crucial dans la fourniture d’aide, mais les autorités militaires, au pouvoir depuis un coup d’État, semblent vouloir resserrer leur emprise sur ces organisations. Cette décision s’inscrit dans un ensemble de mes visant à contrôler l’utilisation des fonds, comme l’obligation pour les ONG de domicilier leurs comptes auprès de la Banque des dépôts du Trésor.
Les chiffres à retenir
– Ratio imposé : 80 % pour les activités de terrain, 20 % pour les frais de fonctionnement.- Proportions antérieures : souvent, les ONG négociaient des ratios de 40 % pour les activités et 60 % pour les frais.
Ce que cela révèle
Cette nouvelle directive soulève des questions sur la véritable intention des autorités : garantir l’efficacité de l’aide ou simplement exercer un contrôle accru sur les ONG? La contradiction est frappante : alors que le gouvernement prétend vouloir maximiser l’impact de l’aide, il met en place des barrières qui pourraient réduire la capacité des ONG à fonctionner efficacement. Un double discours qui rappelle les promesses de transparence souvent entendues dans d’autres contextes politiques, mais qui se heurte ici à la réalité des besoins sur le terrain.
Ce qu’il faut retenir
Le Burkina Faso renforce son contrôle sur les ONG, au risque de compromettre l’efficacité de l’aide humanitaire. Cette décision soulève des préoccupations quant à la transparence et à l’accès à l’aide pour les populations vulnérables, tout en révélant les tensions croissantes entre un gouvernement militaire et des acteurs humanitaires essentiels. Source : DW
