Gabon : quand la forêt devient monnaie d’échange pour les grands bailleurs, l’écologie en arrière-plan !
Le fait principal
Lors de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, le Gabon a dévoilé son initiative audacieuse « Gabon Infini », un projet de financement de 200 millions de dollars visant à transformer la préservation de la biodiversité en levier de développement pour les communautés riveraines des forêts.
Ce qui s’est passé
Le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo, a présenté ce projet à New York, quelques jours après la signature officielle d’un accord à Makokou. L’objectif ? Mobiliser des financements et établir des partenariats avec des organisations influentes telles que The Nature Conservancy et le Bezos Earth Fund. Allogo a souligné que Gabon Infini représente une opportunité pour concilier les ambitions écologiques avec les besoins de développement local.
Le contexte
Le Gabon, riche en biodiversité, tente de se positionner comme un modèle en matière de conservation tout en cherchant à améliorer les conditions de vie des populations locales. L’initiative s’inscrit dans le Plan national de croissance et de développement (PNCD) du pays, où la transition écologique est présentée comme un impératif économique. Pour soutenir cette démarche, le Gabon investit 86 millions de dollars, témoignant d’une volonté de ne pas dépendre uniquement des financements extérieurs.
Les chiffres à retenir
- 200 millions de dollars : montant total du projet Gabon Infini.
- 86 millions de dollars : contribution de l’État gabonais au projet.
Ce que cela révèle
Si l’initiative semble prometteuse sur le papier, elle soulève des questions quant à sa mise en œuvre et à la réalité des engagements. Le Gabon, tout en cherchant à séduire des bailleurs de fonds, doit prouver qu’il peut réellement concilier conservation et développement. Les promesses de revenus stables grâce à l’écotourisme et à la valorisation des produits forestiers non ligneux sont-elles viables ? Le double discours sur la protection de l’environnement et l’exploitation des ressources naturelles pourrait bien se heurter à la réalité des faits.
Ce qu’il faut retenir
Le projet Gabon Infini pourrait être une avancée significative pour le pays, mais il devra surmonter le défi de la mise en œuvre concrète. À l’heure où les engagements écologiques sont souvent mis à mal par des intérêts économiques, la vigilance est de mise. Reste à savoir si le Gabon saura transformer ses ambitions en résultats tangibles.
Sources : Gabonreview.com
