Carburants alternatifs : l’extrême droite roule à l’huile de friture, mais pas à l’éthique !
Le fait principal
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les prix des carburants ont atteint des sommets vertigineux, atteignant en moyenne 2,41 € pour un litre de gazole, 2,16 € pour du SP95-E10 et 2,26 € pour du SP98, selon le ministère de l’économie. Face à cette flambée, certains automobilistes se tournent vers des alternatives pour éviter la pompe, notamment l’utilisation d’huile de friture ou de colza.
Ce qui s’est passé
Sur les réseaux sociaux, des automobilistes partagent des astuces pour contourner la flambée des prix. Les bidons d’huile de colza à 1,50 € le litre remplacent les pistolets des stations-service, et certains vont jusqu’à récupérer gratuitement l’huile de friture des restaurateurs. Ces pratiques, bien que séduisantes pour les portefeuilles, soulèvent des questions de sécurité et de légalité.
Le contexte
L’idée d’utiliser des huiles alimentaires comme carburant n’est pas nouvelle. Rudolf Diesel avait même présenté son moteur fonctionnant à l’huile d’arachide lors de l’Exposition universelle de Paris en 1900. Pourtant, les voitures modernes ne sont pas conçues pour fonctionner avec ces huiles, qui peuvent encrasser les injecteurs et endommager les moteurs. L’association 40 millions d’automobilistes met en garde : « Ces huiles ne sont pas des carburants et ne sont pas adaptées aux moteurs, surtout des véhicules les plus récents. »
Les chiffres à retenir
– Prix moyen du gazole : 2,41 € par litre- Prix moyen du SP95-E10 : 2,16 € par litre- Prix moyen du SP98 : 2,26 € par litre- Coût de l’huile de colza : 1,50 € par litre
Ce que cela révèle
Alors que la loi de finances pour 2023 a promis d’autoriser l’utilisation d’huiles alimentaires usagées, aucun décret n’a encore été publié pour en fixer les conditions d’application. Les agriculteurs peuvent utiliser leur propre huile, mais pour les particuliers, la situation reste illégale. Utiliser ces huiles peut également entraîner des complications avec les assurances en cas de panne ou d’accident. Pour quelques dizaines d’euros d’économie, la facture finale pourrait grimper à plusieurs centaines. Le paradoxe est frappant : dans une période où le gouvernement prône la transition énergétique, les solutions alternatives, bien que risquées, semblent être de plus en plus plébiscitées. Pendant ce temps, les députés du RN, qui se présentent comme les champions du pouvoir d’achat, ne semblent pas s’inquiéter des dangers mécaniques et juridiques de ces pratiques. Un double discours qui ne fait que renforcer l’idée que les promesses de l’extrême droite ne peuvent pas se traduire en réalité.
Ce qu’il faut retenir
La flambée des prix des carburants pousse certains automobilistes à des solutions précaires et potentiellement dangereuses. Alors que la législation reste floue, les conséquences de ces choix pourraient être lourdes, tant sur le plan mécanique que légal. Une situation qui illustre bien les contradictions d’un discours politique qui promet monts et merveilles tout en laissant les citoyens à la merci des fluctuations du marché.
Source : La Croix
