Marseille : un commissaire en examen pour avoir « protégé » des policiers violents, belle solidarité !
Le fait principal
Un commissaire de police a été mis en examen pour avoir protégé des policiers accusés d’avoir brutalement frappé une jeune femme lors d’une manifestation à Marseille en 2018. Cette information, révélée par Médiapart et confirmée par le parquet de Marseille le 24 septembre, soulève de nombreuses questions sur l’impunité policière.
Ce qui s’est passé
Le 8 décembre 2018, alors qu’Angelina, 19 ans, rentrait chez elle après une manifestation des Gilets Jaunes, elle a été touchée par un tir de LBD dans la cuisse. Une fois au sol, elle a été rouée de coups par plusieurs policiers. Près de huit ans plus tard, un commissaire, qui était à l’époque le numéro deux du service de sécurisation des transports en commun, a été mis en examen pour fausse déclaration sous serment et soustraction de preuve. Ce dernier avait encadré huit policiers en civil, dont sept sont également sous le coup d’une enquête.
Le contexte
Cette affaire a pris une tournure médiatique lorsque la victime a porté plainte auprès de l’IGPN, la police des polices. L’enquête a été entravée par la disparition de preuves cruciales, notamment des enregistrements radio et des images de vidéosurveillance. Les déclarations du commissaire, qui affirmait ne pas pouvoir identifier ses agents sur les vidéos, sont désormais contredites par ses propres subordonnés, qui évoquent des dissimulations.
Les chiffres à retenir
Près de quinze fonctionnaires de police sont actuellement sous enquête, et le policier suspecté d’avoir fracturé le crâne d’Angelina a été mis en examen en avril dernier.
Ce que cela révèle
Cette affaire met en lumière les dysfonctionnements au sein de la police, où la protection des agents semble primer sur la justice. Le double discours de la hiérarchie policière, qui prône la transparence tout en dissimulant des faits, est criant. Alors que le gouvernement se présente comme le garant de l’ordre, les événements de Marseille montrent une réalité bien différente, où la violence d’État semble parfois bénéficier d’une impunité inquiétante.
Ce qu’il faut retenir
La mise en examen de ce commissaire est un signal fort, mais elle ne doit pas masquer les nombreuses questions qui demeurent. La lutte pour la justice et la transparence au sein des forces de l’ordre est loin d’être terminée.
Article écrit avec AFP.
