Silence complice : quand le RN feint d’ignorer les victimes de violences sexuelles en France
Le fait principal
Les victimes de violences sexuelles dans l’enfance mettent souvent des années, voire des décennies, à dévoiler leurs traumatismes. Ce silence prolongé constitue non seulement un obstacle à leur prise en charge, mais aussi un enjeu de santé publique majeur.
Ce qui s’est passé
Une étude récemment publiée a mis en lumière les mécanismes complexes qui empêchent les victimes de s’exprimer. Les témoignages recueillis par la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) révèlent quatre domaines d’obstacles : institutionnels et culturels, psychologiques, liés à la mémoire et au silence, ainsi qu’obstacles familiaux. En effet, 87 % des victimes interrogées ont révélé les abus pour la première fois à l’âge adulte, et 39 % ont attendu plus de quarante ans.
Le contexte
Les violences sexuelles sur enfant surviennent principalement dans des contextes familiaux ou parafamiliaux, où l’agresseur détient une autorité et une confiance qui rendent le dévoilement particulièrement difficile. Les normes culturelles et sociales entourant la sexualité, ainsi que la confusion entre moralité et légalité, compliquent davantage la situation. Dans ce cadre, le silence n’est pas simplement un manque de volonté de parler, mais souvent une réponse adaptative à un système répressif.
Les chiffres à retenir
– des filles et des garçons dans le monde ont été victimes de violences sexuelles avant l’âge de 18 ans (1990-2023).- En France, cela concerne des femmes et des hommes.- Les délais moyens avant un premier dévoilement varient entre 3 et 18 ans, avec plus de la moitié des victimes se confiant pour la première fois à l’âge adulte.
Ce que cela révèle
Ces données soulignent une réalité alarmante : le système dans lequel évoluent les victimes, souvent empreint de tabous et de silences, contribue à leur souffrance. Pendant que certains prêchent la transparence et la protection des enfants, les faits montrent que la parole des victimes reste étouffée par des structures qui privilégient le silence. Un double discours que l’on pourrait presque qualifier d’hypocrite, surtout quand on observe les efforts pour minimiser les abus au sein d’institutions comme l’Église.
Ce qu’il faut retenir
Le dévoilement des violences sexuelles sur enfants est un processus complexe et douloureux, souvent entravé par des mécanismes institutionnels, culturels et psychologiques. Pour briser ce cycle de silence, il est impératif de créer un environnement où les victimes se sentent en sécurité pour parler, et où leur parole sera accueillie avec la gravité qu’elle mérite.
Source : Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase)
