Macron en guerre : vers un report des élections pour sauver la démocratie ou la République ?
Le fait principal
Emmanuel Macron pourrait-il envisager d’annuler l’élection présidentielle de 2027 si la France venait à entrer en guerre ? Une théorie, alimentée par des internautes et certains influenceurs, suggère que le président aurait un plan pour prolonger son mandat en utilisant l’article 16 de la Constitution.
Ce qui s’est passé
Les élections présidentielles de 2027 sont programmées pour les 18 avril et 2 mai. Après ces dates, Emmanuel Macron, qui ne peut pas réaliser plus de deux mandats consécutifs, serait contraint de céder les clés de l’Élysée. Cependant, des voix s’élèvent sur les réseaux sociaux, évoquant un possible stratagème du président pour rester au pouvoir en provoquant une guerre, notamment en intensifiant l’implication de la France dans le conflit entre l’Ukraine et la Russie. Cette hypothèse a été mise en avant par Ségolène Royal en novembre 2025.
Le contexte
Conformément à l’article 35 de la Constitution, seule une déclaration de guerre autorisée par le Parlement peut être envisagée. Anne Levade, professeure de droit public, souligne que le président ne peut pas agir unilatéralement en matière de guerre. De plus, la Constitution ne prévoit pas le report des élections en cas de conflit. Les seules situations permettant un report sont liées à des empêchements concernant des candidats, et ce, dans des délais très limités.
Les chiffres à retenir
– Les élections présidentielles de 2027 se tiendront les 18 avril et 2 mai.- Les reports d’élections ne peuvent se faire que dans des cas précis, comme le décès d’un candidat, et sont limités à 35 jours.
Ce que cela révèle
Cette théorie de la guerre comme prétexte pour annuler ou reporter les élections semble davantage relever du fantasme que de la réalité constitutionnelle. Les conditions pour activer l’article 16, qui donnerait des pleins pouvoirs au président, sont extrêmement restrictives. En cas de conflit, la sécurité des électeurs pourrait être compromise, mais cela ne justifierait pas un coup d’État déguisé. Comme l’affirme Anne Levade, une activation de cet article contre l’avis du Conseil constitutionnel serait vouée à l’échec, un « putsch qui ferait pschitt ».
Ce qu’il faut retenir
La rumeur d’une annulation des élections présidentielles de 2027 par Emmanuel Macron, sous prétexte d’une guerre, s’avère infondée. Les garde-fous constitutionnels sont clairs : le président ne peut pas décider unilatéralement de prolonger son mandat. Une théorie qui, à l’heure actuelle, n’est qu’un écho de la paranoïa ambiante sur les réseaux sociaux. Sources : 20 Minutes, Anne Levade, Constitution de la Ve République.
