Saint-Pierre-des-Corps : quand le policier impliqué dans une collision est aussi un élu RN

Le RN prétend incarner l’ordre, la sécurité et l’autorité. À Saint-Pierre-des-Corps, le policier impliqué dans la collision qui a grièvement blessé un jeune motard est aussi un élu soutenu par le Rassemblement national. Quelques jours plus tôt, à Carcassonne, un autre policier municipal engagé auprès du RN était rattrapé par une vidéo contenant des propos racistes, sexistes et complotistes. Deux affaires distinctes, aucune culpabilité à inventer, mais une série de faits qui met brutalement en lumière une réalité que le discours politique préfère souvent simplifier : les uniformes ne sont pas au-dessus des enquêtes, et l’étiquette politique ne dispense personne de rendre des comptes.
Encore un policier. Une collision. Encore un élu RN. Et encore une enquête judiciaire qui doit encore établir précisément ce qui s’est passé.
Le 19 septembre 2026, à Saint-Pierre-des-Corps, une voiture de la Police nationale est entrée en collision avec une moto lors d’une intervention. Le jeune motard, âgé de 20 ans, a été grièvement blessé.
Le conducteur du véhicule de police est Pierre Audiguet, policier au commissariat de Tours et conseiller municipal à Coussay-les-Bois, dans la Vienne. Sa candidature aux municipales avait été soutenue par le Rassemblement national.
Et c’est là que l’information devient politiquement sensible.
Car le RN s’est construit depuis des années une image politique extrêmement centrée sur les questions de sécurité, d’autorité et de défense des forces de l’ordre. Ici, le policier impliqué dans une collision avec un jeune homme à moto est lui-même un élu soutenu par ce parti.
Une coïncidence politique qui tombe au pire moment pour le RN
L’affaire intervient alors qu’une autre histoire impliquant un policier proche du RN vient de provoquer un scandale national.
À Carcassonne, une caméra-piéton avait accidentellement enregistré, en novembre 2025, plusieurs heures de conversations au cours desquelles un brigadier-chef de la police municipale tenait notamment des propos racistes, sexistes, homophobes et complotistes. Une enquête judiciaire a été ouverte.
Le policier était membre du RN et bénévole du service d’ordre de Jordan Bardella. Après la révélation de la vidéo, le RN a annoncé son exclusion et sa radiation de son service d’ordre.
Deux affaires différentes. Deux policiers différents. Le lien établi entre les deux dossiers, le RN.
Deux histoires qui placent une nouvelle fois le RN face à une question embarrassante : que fait-on lorsque des personnes exerçant des fonctions liées à l’autorité publique sont également engagées politiquement au sein du parti ?
Le RN peut revendiquer la sécurité comme marqueur politique. Mais lorsqu’un de ses élus policiers se retrouve au cœur d’une affaire, la moindre des choses est d’appliquer à cette affaire exactement la même exigence de vérité et de transparence que celle réclamée aux autres.
La sécurité ne devrait pas avoir de couleur politique.
La justice non plus.
