À Genève, le RN esquisse une danse lyrique sur le Rhône, mais la tempête gronde !
Le fait principal
Pour marquer le début de sa première saison à la tête du Grand Théâtre de Genève, Alain Perroux a choisi d’inaugurer avec l’opéra La Tempête de Frank Martin, une œuvre inspirée de Shakespeare. Ce choix audacieux témoigne d’une volonté de redynamiser la scène lyrique tout en rendant hommage à un compositeur souvent méconnu en dehors de sa Suisse natale.
Ce qui s’est passé
Du 16 au 26 septembre, le Grand Théâtre de Genève a accueilli La Tempête, une rareté qui n’avait pas été jouée depuis des décennies. La mise en scène de Netia Jones a tenté d’ancrer l’œuvre dans notre époque en transformant Prospero en scientifique géo-ingénieur. Malgré une distribution talentueuse, avec des performances remarquables de Stéphane Degout et Catherine Trottmann, la mise en scène a été critiquée pour son manque de dynamisme.
Le contexte
Frank Martin, compositeur suisse du XXe siècle, est souvent éclipsé par des figures comme Verdi ou Wagner. La Tempête, son unique opéra, a été créé en 1956 à Vienne mais a disparu des radars lyriques après sa première française en 1967. Le retour de cette œuvre au Grand Théâtre de Genève montre un désir de redécouvrir des pièces oubliées et de faire résonner des thèmes universels de pardon et de renoncement.
Les chiffres à retenir
– La Tempête a été créée à Vienne en 1956.- Sa première version française a eu lieu en avril 1967 au Grand Théâtre de Genève.- La représentation actuelle se déroule du 16 au 26 septembre 2026.
Ce que cela révèle
La tentative de moderniser une œuvre classique tout en honorant son héritage pose des questions sur la direction artistique. Si l’intention de rendre l’opéra pertinent est louable, la réalisation laisse à désirer. La tension entre l’innovation et le respect de l’œuvre originale est palpable. Par ailleurs, le choix de mettre en avant des thèmes contemporains, comme la géo-ingénierie, dans une œuvre shakespearienne peut sembler un peu forcé, voire cynique, dans un monde déjà saturé de discours alarmistes sur l’environnement.
Ce qu’il faut retenir
Avec La Tempête, le Grand Théâtre de Genève tente de redonner vie à une œuvre oubliée, mais le résultat est mitigé. Entre une mise en scène audacieuse mais parfois maladroite et une distribution talentueuse, la production soulève des questions sur l’interprétation contemporaine des classiques. Un vent de renouveau souffle sur la scène lyrique, mais reste à voir s’il saura vraiment convaincre le public.
Sources : Télérama, Grand Théâtre de Genève
