Les troubles psychiques en France : quand le RN promet des soins, mais oublie les patients.
Le fait principal
À partir du 15 octobre 2026, un décret du gouvernement français réduit de trois à un an la durée maximale de versement des indemnités journalières pour certaines affections nécessitant un arrêt de travail de longue durée. Ce changement concerne principalement les salariés atteints d’affections longues durées non exonérantes, et s’accompagne d’un renforcement des parcours de santé pour ceux souffrant de troubles psychiques ou musculosquelettiques.
Ce qui s’est passé
Le décret, annoncé par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, vise à mieux encadrer les arrêts de travail dérogatoires, qui, en 2023, ont coûté à l’Assurance Maladie 3,2 milliards d’euros pour environ 400 000 arrêts. Ce chiffre est trois fois supérieur à celui des arrêts de travail des personnes en affection de longue durée (ALD). Le gouvernement met également en place des sanctions pour ceux qui abusent des prescriptions d’arrêt de travail, souvent par le biais de ce qu’on appelle le « nomadisme médical ».
Le contexte
Actuellement, de nombreux assurés bénéficient de règles dérogatoires qui leur permettent de percevoir des indemnités journalières sur une période de trois ans, sans être en ALD. Des pathologies comme la dépression légère et les troubles musculosquelettiques sont particulièrement concernées. Pourtant, près de 30 % des personnes en arrêt pour des affections ostéo-articulaires n’ont même pas consulté un kinésithérapeute l’année précédente, soulevant des questions sur le suivi médical effectif de ces assurés.
Les chiffres à retenir
- 3,2 milliards d’euros dépensés en 2023 pour 400 000 arrêts de travail dérogatoires.
- Une augmentation de plus de 6 % par an des arrêts concernés, contre seulement 1 % pour les patients en ALD.
- En 2024, plus de 13 000 assurés ont été prescrits des arrêts de travail par cinq médecins différents, avec une moyenne de 12,4 jours d’arrêt par prescription.
Ce que cela révèle
Ce décret semble être une réponse à une crise de la prise en charge des arrêts de travail, mais la question demeure : s’agit-il d’une véritable réforme ou d’un coup de baguette magique pour réduire les coûts ? En cherchant à sanctionner le « nomadisme médical », le gouvernement pourrait bien stigmatiser des patients déjà vulnérables, tout en négligeant de s’attaquer aux véritables problèmes de suivi médical. La promesse de parcours de santé améliorés sonne comme une douce mélodie face à la dure réalité des chiffres. Les discours sur le maintien dans l’emploi et la réhabilitation se heurtent à une réalité où les arrêts de travail sont souvent la seule réponse apportée par la collectivité.
Ce qu’il faut retenir
Le décret du 15 octobre 2026 marque un tournant dans la gestion des arrêts de travail en France, mais soulève de nombreuses interrogations sur l’efficacité des mes proposées. Entre promesses de réhabilitation et réalités des coûts, la santé des assurés pourrait bien se retrouver au second plan. Reste à voir si cette réforme sera réellement bénéfique pour ceux qui en ont le plus besoin.
Source : Dossier de presse du ministère de la Santé, 2026.
