RDC : Entre Ebola et choléra, le système de santé se débat pendant que les promesses s’évaporent.
Le fait principal
En République démocratique du Congo (RDC), une triple crise sanitaire s’aggrave : choléra, rougeole et Ebola. Alors que le choléra a causé plus de 43 000 cas suspects et 1 050 décès depuis le début de l’année, la rougeole a fait état de plus de 120 000 cas suspects et 1 600 morts, dont près de huit malades sur dix ont moins de cinq ans. Pendant ce temps, les ressources se concentrent sur Ebola.
Ce qui s’est passé
Début septembre, la RDC fait face à une épidémie de choléra qui s’ajoute à une flambée de rougeole et à la menace persistante d’Ebola. Les efforts de riposte mobilisent des soignants et des ressources, mais la coordination laisse à désirer. Le Cluster Santé avertit que la focalisation sur Ebola pourrait nuire à d’autres services essentiels, comme la vaccination et la santé mentale. En parallèle, le financement de la réponse humanitaire est alarmant : moins de la moitié des 2,13 milliards de dollars demandés a été reçue.
Le contexte
La RDC, déjà affaiblie par des décennies de conflits armés, souffre d’un système de santé fragile. Les épidémies de choléra et de rougeole ne sont pas nouvelles, mais la gestion de ces crises est souvent entravée par des moyens insuffisants et une coordination défaillante. Dans un pays où les infrastructures de santé sont déjà sous pression, la lutte contre Ebola ne doit pas se faire au détriment des autres soins.
Les chiffres à retenir
– Choléra : 43 000 cas suspects, 1 050 décès.- Rougeole : 120 000 cas suspects, 1 600 décès, dont 80 % de moins de cinq ans.- Financement : moins de 50 % des 2,13 milliards de dollars nécessaires reçus.
Ce que cela révèle
La situation en RDC est un exemple frappant de la dissonance entre les discours humanitaires et la réalité sur le terrain. Alors que les bailleurs de fonds se pressent pour répondre à la crise Ebola, les autres maladies, bien plus meurtrières pour les jeunes enfants, semblent reléguées au second plan. Les promesses de solidarité internationale se heurtent à un mur de chiffres désolants et de désorganisation. Dans un tel contexte, la question se pose : le monde peut-il vraiment se permettre de choisir ses batailles, surtout lorsque la vie de milliers d’enfants est en jeu ?
Ce qu’il faut retenir
La RDC est à un carrefour critique, où la lutte contre Ebola ne doit pas éclipser les autres urgences sanitaires. Une approche intégrée et un financement adéquat sont essentiels pour éviter que les épidémies ne se transforment en catastrophes humanitaires. La santé des Congolais ne doit pas être une variable d’ajustement dans un jeu de priorités mal défini.
Sources : Cluster Santé, ONU
