Avignon : Quand l’extrême droite célèbre Maurras, l’antisémitisme en vedette au festival !
Le fait principal
À Avignon, la programmation d’un texte de Charles Maurras, écrivain xénophobe et antisémite, dans le cadre d’une conférence sur les écrits provençaux, suscite une vive controverse. Prévue pour le 2 octobre 2026, cette lecture, intitulée « Ils ont aussi écrit en provençal : le saviez-vous ? », a provoqué des réactions indignées de la part de la librairie Youpi et de La France Insoumise (LFI).
Ce qui s’est passé
Le choix de la maison de la culture provençale de mettre à l’honneur Maurras, fondateur de l’Action française et figure de proue de l’extrême droite, a été dénoncé pour son caractère inapproprié. Alerté par une cliente, le café librairie Youpi a contacté le directeur des bibliothèques d’Avignon, Jérôme Triaud, pour souligner que « l’étude de ses écrits, dont certains sont certes rédigés en provençal, méritent sans doute un petit peu de précautions dans le cadre d’un événement grand public dans un établissement municipal ». LFI a quant à elle qualifié cette programmation de « bâillonner l’histoire ».
Le contexte
Charles Maurras, connu pour ses positions antidreyfusardes et sa xénophobie, a été exclu du mouvement Félibrige en 1945 après sa condamnation pour haute trahison. Le directeur des bibliothèques a défendu le choix de présenter ses textes en affirmant qu’ils ne sont ni politiques ni idéologiques, mais font partie de l’histoire littéraire provençale. La mairie d’Avignon, sollicitée sur la question, a évoqué la nécessité d’une « contextualisation claire » de cette lecture.
Les chiffres à retenir
Aucun chiffre ne vient étayer cette controverse, mais il est essentiel de rappeler que Maurras a été une figure centrale de l’extrême droite française, et ses écrits continuent d’alimenter des débats sur la liberté d’expression et la responsabilité des institutions publiques.
Ce que cela révèle
Cette situation met en lumière une contradiction frappante : comment une institution publique peut-elle justifier la mise en avant d’un auteur dont les idées ont été condamnées, tout en prétendant ne pas adhérer à ses valeurs ? La Ligue des droits de l’homme du Vaucluse a dénoncé la « banalisation d’une pensée d’extrême droite », soulignant qu’une bibliothèque publique a une responsabilité éthique. En somme, la lecture de Maurras dans un cadre officiel pourrait bien être interprétée comme une tentative de réhabilitation insidieuse de ses idées, sous couvert de pluralisme.
Ce qu’il faut retenir
La polémique autour de la lecture des textes de Charles Maurras à Avignon soulève des questions cruciales sur les limites de la liberté d’expression et la responsabilité des institutions culturelles. En voulant célébrer la culture provençale, la mairie d’Avignon risque de donner une tribune à des idées condamnables, exposant ainsi la fragilité du débat public face à l’extrême droite.
