Dacca : le ‘père’ du Pakistan glorifié, un hommage qui fait grincer des dents aux voisins !
Le fait principal
L’université de Dacca, au Bangladesh, est le théâtre d’une nouvelle controverse historique. Des portraits de Muhammad Ali Jinnah, le premier dirigeant du Pakistan, ont été accrochés dans un musée étudiant, avant d’être rapidement arrachés, provoquant un tumulte sur le campus.
Ce qui s’est passé
Lundi, des portraits de Jinnah, considéré comme le « père » du Pakistan, ont fait leur apparition dans le musée récemment rénové de la maison des étudiants. Cette initiative a été accueillie avec une vive opposition, culminant avec l’action d’Abou Tayeb Havildar, un étudiant qui s’est précipité pour déchirer l’image du dirigeant. Pour lui, Jinnah est un « scélérat » qui a méprisé le peuple bengali et sa langue. La controverse ne s’arrête pas là : les critiques pointent également un manque de reconnaissance pour Sheikh Mujibur Rahman, le héros de l’indépendance bangladaise.
Le contexte
Les relations entre le Pakistan et le Bangladesh, bien que séparées par 1.500 kilomètres, sont marquées par des bless profondes. La séparation en 1971 a été le résultat d’une guerre tragique, laissant des centaines de milliers de morts derrière elle. Jinnah, bien qu’il ait joué un rôle fondamental dans la création du Pakistan, est devenu une figure controversée, surtout après un discours de 1948 où il a promulgué l’ourdou comme seule langue nationale, négligeant le bengali. Aujourd’hui, le climat politique au Bangladesh est tendu, avec un retour des islamistes au Parlement, ce qui alimente encore plus les tensions.
Les chiffres à retenir
Depuis l’indépendance en 1971, le Bangladesh a connu des conflits internes et des changements politiques dramatiques. En 2024, l’ex-Première ministre Sheikh Hasina a été renversée par un soulèvement populaire, et son parti, la Ligue Awami, a été interdit. Lors des législatives de février dernier, les islamistes du Jamaat-e-islami, précédemment bannis, ont remporté les élections étudiantes.
Ce que cela révèle
Cette agitation autour des portraits de Jinnah révèle une fracture profonde dans la mémoire collective bangladaise. Alors que certains cherchent à réécrire l’histoire pour renforcer une identité musulmane, d’autres rappellent les souffrances causées par cette même identité. La tentative de « changer le narratif » par les islamistes sur le campus est une manœuvre risquée, qui pourrait exacerber les tensions plutôt que de panser les bless. En fin de compte, ce débat sur Jinnah et Rahman n’est pas seulement une question d’histoire, mais un reflet des luttes politiques contemporaines.
Ce qu’il faut retenir
La controverse autour des portraits de Jinnah à Dacca illustre les fractures historiques et politiques toujours présentes entre le Pakistan et le Bangladesh. Dans un climat où les identités sont en jeu, la mémoire collective devient un champ de bataille pour les narrations politiques. L’université de Dacca, loin d’être un simple lieu d’apprentissage, devient le théâtre d’une lutte pour le sens et la mémoire d’une nation.
Source : TV5MONDE
