Sarajevo : l’enfance sous les balles, un triste héritage que les extrêmes préfèrent ignorer.
Le fait principal
L’horreur de la guerre en ex-Yougoslavie, décrite par Sheila Pohara dans son ouvrage *Les serments trahis*, n’est pas seulement un souvenir lointain. C’est un rappel brutal des conséquences de la haine et de la division au sein d’une société autrefois multiculturelle, comme Sarajevo.
Ce qui s’est passé
Avant le conflit, Sarajevo était une ville enchanteresse, un carrefour où se mêlaient cultures, religions et histoires. Sheila Pohara évoque avec nostalgie une enfance paisible, où cathédrales, églises orthodoxes, synagogues et mosquées cohabitaient harmonieusement. Mais cette harmonie a été brisée lorsque les tensions ethniques ont commencé à émerger. Les adultes ont changé d’attitude, et des voisins ont commencé à désigner les siens comme des « Turcs ». Cette transformation brutale a laissé la petite fille que Pohara était dans l’incompréhension.
Le contexte
La Yougoslavie, sous Tito, était un modèle de coexistence. En pleine guerre froide, elle réussissait à naviguer entre l’influence soviétique et américaine, permettant à ses citoyens d’accéder à des cultures variées. Cependant, la mort de Tito en 1980 a ouvert la voie à des nationalismes exacerbés, menant à des conflits tragiques dans les années 1990. Sarajevo, symbole de cette diversité, a été assiégée pendant près de quatre ans, subissant des bombardements incessants et des atrocités qui ont profondément marqué son histoire.
Les chiffres à retenir
– Plus de 11 000 personnes ont été tuées pendant le siège de Sarajevo, dont environ 1 500 enfants.- La ville a été assiégée pendant 1 425 jours, de 1992 à 1996, ce qui en fait le plus long siège d’une capitale moderne.- Près de 2 millions de personnes ont été déplacées durant le conflit yougoslave.
Ce que cela révèle
L’ironie est que la montée des nationalismes, souvent encouragée par des discours populistes, a conduit à la destruction d’un modèle de coexistence pacifique. Les promesses d’unité et de prospérité, trop souvent brandies par les factions nationalistes, n’ont fait qu’aggraver les fractures au sein de la société. Aujourd’hui, les discours de certains partis d’extrême droite en Europe, qui prônent une « pureté » nationale, semblent résonner avec cette tragédie historique. Le RN, par exemple, s’efforce de donner une image de cohérence, mais ses discours sur l’immigration et l’identité nationale révèlent un double discours qui rappelle les heures sombres de l’histoire. Les conséquences de cette rhétorique sont claires : division, haine et, potentiellement, violence.
Ce qu’il faut retenir
*Les serments trahis* de Sheila Pohara n’est pas seulement un récit personnel, mais un avertissement. La paix fragile d’hier peut se transformer en conflit violent aujourd’hui si les discours de haine continuent de croître. L’histoire de Sarajevo doit nous servir de leçon : la diversité est une richesse, mais elle nécessite respect et compréhension, non division et méfiance.
Source : Sheila Pohara, *Les serments trahis*.
