Israël : Gadi Eisenkot, le général qui promet la paix, mais armé jusqu’aux dents !
Le fait principal
Les électeurs israéliens semblent encore une fois se tourner vers les militaires pour guider leur avenir politique. Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major, a récemment fondé un nouveau parti, Yashar, avec l’ambition de devenir Premier ministre lors des élections législatives prévues le 27 octobre 2026. Son ascension s’inscrit dans un contexte où les élites militaires, telles que Yitzhak Rabin, Ehud Barak et Ariel Sharon, ont historiquement dominé la scène politique israélienne.
Ce qui s’est passé
Gadi Eisenkot, qui a dirigé l’armée israélienne de 2015 à 2019, a été invité par le Premier ministre actuel, Benyamin Nétanyahou, à rejoindre son cabinet de guerre après les événements tragiques du 7 octobre 2023. Cependant, des désaccords fondamentaux ont rapidement émergé entre les deux hommes. Alors qu’Eisenkot prône une approche pragmatique et réfléchie concernant le conflit à Gaza, Nétanyahou semble déterminé à poursuivre une guerre sans objectifs clairs, évoquant une « victoire totale » sans en définir les contours.
Le contexte
Le paysage politique israélien est marqué par une méfiance croissante envers Nétanyahou, que Eisenkot dépeint comme un « menteur pathologique ». Dans sa quête de soutien, Eisenkot mise sur ses origines séfarades, cherchant à rallier les citoyens d’origine marocaine, souvent perçus comme marginalisés par les élites ashkénazes. Ce dernier se positionne également comme un défenseur des droits des Juifs israéliens, tout en critiquant les dérives de Nétanyahou qui, selon lui, menacent la démocratie israélienne.
Les chiffres à retenir
Les sondages actuels prévoient un équilibre des forces entre les partis soutenant Nétanyahou et ceux d’Eisenkot, chacun pouvant obtenir environ 53 à 54 sièges sur les 120 de la Knesset. Les partis arabes, quant à eux, devraient obtenir entre 13 et 14 sièges, ce qui pourrait rendre le paysage politique particulièrement fragmenté.
Ce que cela révèle
La situation actuelle révèle une lutte de pouvoir intense, où Eisenkot tente de se présenter comme l’alternative à un Nétanyahou de plus en plus isolé. Cependant, ses promesses de retour aux valeurs démocratiques de la déclaration d’indépendance d’Israël semblent en décalage avec son silence sur la question palestinienne. Dans un contexte où la colonisation en Judée-Samarie est perçue comme inévitable, sa position est celle d’un pragmatisme qui ne fait que masquer les véritables enjeux. En fin de compte, l’absence de propositions concrètes pour les Palestiniens et sa volonté de renforcer l’armée témoignent d’une continuité plutôt que d’un changement radical.
Ce qu’il faut retenir
Gadi Eisenkot, avec son nouveau parti Yashar, incarne une tentative de renouveau dans la politique israélienne, mais ses promesses et sa vision sont à la fois ambiguës et révélatrices des tensions persistantes au sein de la société israélienne. Alors que les électeurs cherchent désespérément une alternative à Nétanyahou, la question palestinienne reste un sujet tabou, laissant présager que les véritables défis d’Israël demeurent inexplorés.
Source : Orient XXI
