Carburants en hausse : les infirmières libérales en route pour l’hôpital, merci le RN !
Le fait principal
Les infirmières libérales tirent la sonnette d’alarme : la flambée des prix des carburants menace leur capacité à soigner les patients à domicile. Loin des discours rassurants sur l’accessibilité des soins, la réalité économique impose un choix tragique : soit elles continuent à perdre de l’argent, soit les patients finissent aux urgences.
Ce qui s’est passé
Dans un communiqué, le collectif des infirmiers libéraux en colère (Cilec) a dénoncé les conditions de travail insoutenables imposées par le système actuel. Les infirmières peuvent facturer des « indemnités kilométriques », mais uniquement si elles ne résident pas dans la même agglomération que le patient. Par exemple, pour une injection intramusculaire à sept kilomètres, l’infirmière facture 7,25 euros, alors que le déplacement lui coûte 6,02 euros. Résultat : il ne lui reste que 1,23 euro pour une intervention de 25 minutes, soit moins de 3 euros de l’heure avant charges.
Le contexte
La question des indemnités kilométriques n’est pas qu’un simple problème de chiffres. Elle touche à l’organisation même des soins. En zone rurale, la situation est encore plus dramatique : l’indemnité de 0,35 euro par kilomètre est inférieure au coût reconnu par l’administration fiscale, qui est de 0,43 euro. Ce paradoxe illustre bien l’irresponsabilité d’un système qui semble avoir oublié que la voiture des infirmières est avant tout leur outil de travail, et non un simple moyen de transport.
Les chiffres à retenir
– Pour une intervention à domicile à 7 km, l’infirmière gagne 7,25 euros, mais dépense 6,02 euros pour le trajet.- Cela lui laisse 1,23 euro pour 25 minutes de travail, soit moins de 3 euros de l’heure.- En zone rurale, l’indemnité de 0,35 euro par kilomètre est inférieure au coût de 0,43 euro reconnu par l’administration fiscale.
Ce que cela révèle
Derrière ces chiffres se cache une réalité tragique : si les infirmières ne peuvent plus se déplacer, les patients n’auront d’autre choix que de se rendre à l’hôpital, déjà saturé. Ce paradoxe est d’autant plus saisissant quand on observe les discours politiques sur l’accessibilité des soins. Le RN, qui prône un retour à la France des « petites gens », devrait peut-être commencer par écouter celles qui, chaque jour, mettent leur santé en jeu pour soigner les autres. Promettre des soins à domicile tout en laissant les soignants à la merci des prix du carburant, c’est un peu comme offrir une bouée à un naufragé sans lui dire qu’elle est percée.
Ce qu’il faut retenir
Les infirmières libérales sont à un tournant : entre la nécessité de soigner et une rémunération de plus en plus dérisoire, leur métier est en péril. Les promesses politiques sur l’amélioration des soins à domicile s’effritent face à la réalité des coûts. Si rien ne change, il est fort à parier que le système de santé français, déjà fragile, se retrouvera encore plus en difficulté. Source : Convergence infirmière, Cilec.
