Radiothérapie ou coupeur de feu ? Le RN face à ses promesses de santé fantômes !
Le fait principal
Les coupeurs de feu, ces praticiens aux compétences mystérieuses, sont de plus en plus sollicités par des patients atteints de cancer cherchant à prévenir les effets secondaires de la radiothérapie. Mais leur efficacité est-elle réelle ou relèvent-ils du folklore ?
Ce qui s’est passé
Viviane, 60 ans, découvre en novembre 2023 qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Après une mastectomie totale, elle se retrouve face à un protocole de traitement de quatre chimiothérapies et trente séances de radiothérapie. Les infirmiers lui conseillent de consulter un coupeur de feu, Edmonde. Son oncologue, pour sa part, reste sceptique : « Ce n’est pas de la médecine, ça ne sert à rien », lui déclare-t-il.
Malgré cette réticence, Viviane décide de tenter l’expérience. Après chaque séance de radiothérapie, elle consulte Edmonde, qui passe ses mains au-dessus de sa poitrine sans contact direct. À l’issue de son traitement, elle n’observe aucun effet secondaire. D’autres témoignages similaires commencent à émerger, mais qu’en est-il vraiment de ces pratiques ?
Le contexte
La médecine moderne a fait des avancées considérables en matière de radiothérapie, réduisant drastiquement les effets secondaires. Au cours de la dernière décennie, la technologie a évolué, permettant une modulation d’intensité qui diminue les risques de brûlures cutanées. Des dermatologues et oncologues rapportent que les cas de radiodermite sont devenus rares. Pourtant, face à ces progrès, certains patients continuent de se tourner vers des coupeurs de feu, souvent par tradition ou par besoin de soutien psychologique.
Les chiffres à retenir
Une étude rétrospective de 2015 par l’institut de cancérologie Lucien-Neuwirth révèle que 51,2 % des patients atteints de cancer du sein ou de la prostate ont consulté un coupeur de feu durant leur traitement, et plus de 80 % d’entre eux ont rapporté un bénéfice. Ces chiffres soulèvent des questions sur la perception de ces pratiques dans le cadre médical.
Ce que cela révèle
La dichotomie entre médecine conventionnelle et pratiques alternatives ne cesse de s’accentuer. D’un côté, des avancées médicales qui prouvent leur efficacité ; de l’autre, des patients en quête de solutions face à la douleur. Le Dr Véronique Suissa souligne que ces pratiques relèvent souvent de croyances personnelles, comparables à un soutien spirituel. Mais que dire des charlatans qui profitent de la détresse des malades ? La vigilance est de mise, car certains coupeurs de feu commencent à demander des rémunérations pour leurs services, ce qui soulève des préoccupations éthiques.
Ce qu’il faut retenir
Les coupeurs de feu continuent de séduire un public en quête de réconfort dans un parcours médical souvent éprouvant. Mais entre croyances et réalité, la frontière reste floue. La médecine moderne doit-elle craindre ces pratiques ou les intégrer dans une approche plus holistique du soin ? Une chose est sûre, la question mérite d’être posée.
Sources : Institut de cancérologie Lucien-Neuwirth, Dr Véronique Suissa, études médicales récentes.
