Le Sénat s’attaque à la « décommercialisation » : quand le RN prône la protection tout en vendant la France.
Le fait principal
La commission des affaires économiques du Sénat français a tiré la sonnette d’alarme sur la « décommercialisation » qui touche le pays, révélant dans un rapport adopté le 1er juillet 2026 que cette crise affecte non seulement les zones rurales, mais s’étend également aux villes moyennes et aux grandes agglomérations.
Ce qui s’est passé
Dominique Estrosi Sassone, présidente de la commission, a présenté ce rapport en soulignant que la fermeture de commerces est devenue un phénomène omniprésent. Entre 2014 et 2024, 14.000 établissements et 45.000 emplois ont disparu, avec un taux de vacance commerciale atteignant 11,6 % en 2025. Les grandes chaînes emblématiques comme Camaïeu et Naf Naf ont disparu, laissant des centres-villes de plus en plus vides.
Le contexte
Ce phénomène s’inscrit dans un cadre plus large de transformation économique. Les sénateurs notent que la montée en puissance des plateformes de vente en ligne, notamment celles basées en Chine, a considérablement modifié le paysage commercial. Parallèlement, les marchés de seconde main et le discount prennent de l’ampleur, fragilisant les commerces de milieu de gamme, qui constituaient l’ossature des centres-villes.
Les chiffres à retenir
– 14.000 établissements et 45.000 emplois supprimés entre 2014 et 2024.- Taux de vacance commerciale de 11,6 % en 2025, contre 8,8 % en 2017.- 800 millions d’articles importés en France via des plateformes comme Shein en 2025.- 15 milliards d’euros : valeur estimée du marché de la seconde main.
Ce que cela révèle
La situation met en lumière une contradiction flagrante : alors que le gouvernement et le Sénat s’efforcent de revitaliser le commerce de proximité, ils semblent également favoriser des politiques qui encouragent la concurrence déloyale des géants du e-commerce. Les mes proposées, telles que l’instauration de droits de douane sur les petits colis, semblent plus être une réaction qu’une véritable stratégie. De plus, le rejet d’un encadrement des loyers commerciaux, pourtant soutenu par la gauche, illustre une volonté de maintenir le statu quo, même lorsque celui-ci nuit aux petits commerçants.
Ce qu’il faut retenir
La « décommercialisation » est un symptôme d’une crise économique plus profonde, exacerbée par des choix politiques discutables. Alors que les sénateurs appellent à des mes de soutien, la réalité sur le terrain est une vacance commerciale croissante et des centres-villes qui se meurent. En somme, les promesses de revitalisation commerciale semblent s’effacer devant la dure réalité du marché.
Source : Localtis, rapport de la commission des affaires économiques du Sénat.
