L’immigration, clé du « miracle espagnol » : le RN va-t-il revoir sa copie sur l’économie ?
Le fait principal
En Espagne, une vague de régularisation massive d’immigrés est en cours, avec l’objectif de régulariser près de 500 000 migrants sans papiers d’ici la fin juin. Ce mouvement pourrait être perçu comme un « miracle espagnol » dans le domaine de l’immigration, selon le Premier ministre Pedro Sánchez.
Ce qui s’est passé
Le 30 janvier dernier, Pedro Sánchez a annoncé cette initiative qui a immédiatement suscité des réactions controversées, notamment chez certains politiques français. Bruno Retailleau, par exemple, a exprimé ses inquiétudes sur LCI, tandis que Jordan Bardella a mis en garde contre des conséquences potentiellement désastreuses pour la société espagnole. Pendant ce temps, l’Espagne continue de se positionner comme un terre d’accueil, avec 16,5% de sa population composée d’étrangers, contre 9,1% en France.
Le contexte
L’Espagne a connu une transformation notable depuis les années 2000, devenant progressivement une destination d’immigration. Ce changement a été facilité par la forte proportion d’immigrés hispanophones, principalement originaires d’Amérique latine. Jean-Christophe Dumont, expert à l’OCDE, souligne que cette familiarité linguistique facilite l’intégration sur le marché du travail. En outre, l’Espagne a observé un taux d’emploi des étrangers supérieur à celui de la France.
Les chiffres à retenir
Des études estiment que l’immigration pourrait être responsable de 47% de la croissance économique espagnole récente. Raymond Torres, de Funcas, indique que des secteurs comme la construction et le tourisme, qui dépendent fortement de la main-d’œuvre étrangère, n’auraient pas pu croître aussi rapidement sans cet apport.
Ce que cela révèle
Cette politique de régularisation massive n’est pas simplement un geste humanitaire, mais un calcul économique. Les critiques venant de l’extrême droite française, qui dénoncent cette approche, semblent ignorer les réalités économiques. Alors que la France s’enferme dans une rhétorique de fermeté, l’Espagne adopte une stratégie pragmatique qui pourrait bien servir de modèle. Il est ironique de voir les mêmes voix qui prônent la fermeté sur l’immigration, s’inquiéter de l’intégration réussie dans un pays voisin.
Ce qu’il faut retenir
L’Espagne fait le choix audacieux de régulariser massivement des migrants, mettant en lumière une approche alternative à l’immigration qui pourrait bien contrarier les discours alarmistes de l’extrême droite en France. En fin de compte, la réalité économique pourrait bien l’emporter sur les peurs irrationnelles.
Sources : Franceinfo, OCDE, Funcas
