L’IA choisit pour nous : quand le RN préfère les candidatures ignorées à la démocratie réelle.
Le fait principal
Un phénomène inquiétant émerge dans le monde du travail : l’intelligence artificielle (IA) prend les rênes des processus de recrutement, laissant de nombreux candidats dans l’ombre de l’algorithme. Marine Curunet, 28 ans, en fait les frais, constatant que ses candidatures sont systématiquement filtrées sans même être examinées par un humain.
Ce qui s’est passé
Après six années d’études en droit et trois ans d’expérience en tant que juriste, Marine s’est retrouvée dans une impasse. « La majorité de mes candidatures ne sont pas lues », déclare-t-elle. En envoyant une centaine de CV, elle n’a décroché que trois entretiens, infructueux. Les réponses automatiques qu’elle reçoit, toutes formatées de manière similaire, témoignent d’un processus de sélection déshumanisé. « La présélection faite par l’intelligence artificielle n’a même pas été revue par un humain », s’indigne-t-elle.
Le contexte
La montée en puissance des systèmes de suivi des candidatures (ATS) transforme le paysage du recrutement. Selon une étude Hellowork de 2024, 80% des recruteurs français utilisent ou envisagent d’utiliser un ATS, contre 64% en 2018. Ces outils, censés réduire les biais humains, semblent plutôt créer un fossé entre les candidats et les recruteurs. Les jeunes diplômés, comme Marine, se retrouvent piégés dans un système où leur valeur est jugée par des algorithmes, souvent sans nuances.
Les chiffres à retenir
Près d’un jeune sur quatre sorti de formation depuis un à quatre ans est contraint d’accepter des emplois précaires ou de rester au chômage, selon l’Insee. Ces statistiques révèlent une réalité troublante : malgré un niveau d’éducation croissant, l’accès à un emploi stable demeure un défi majeur.
Ce que cela révèle
Ce cas met en lumière une contradiction flagrante dans le discours des entreprises : d’un côté, elles prônent l’égalité des chances et l’inclusion, de l’autre, elles se reposent sur des systèmes automatisés qui négligent les parcours individuels. Marine s’interroge : « À quoi bon avoir sacrifié tant d’années pour se rendre compte que j’aurais peut-être dû choisir une autre voie? » Sa désillusion résonne comme un écho inquiétant pour de nombreux jeunes diplômés.
Ce qu’il faut retenir
La révolution numérique dans le recrutement, loin d’apporter des solutions, semble creuser des inégalités. L’appel à maintenir l’humain dans la boucle devient urgent. Les jeunes diplômés méritent mieux qu’un simple passage à la moulinette des algorithmes.
Sources : Hellowork, Insee.
