La BCE prête à sauver la France, mais pas le RN : la dette, un sujet tabou pour l’extrême droite !
Le fait principal
La députée de La France insoumise, Mathilde Panot, propose que la Banque centrale européenne (BCE) « mette au frigo » la dette publique française, en la transformant en une forme de dette perpétuelle, comme ce fut le cas lors de l’épidémie de Covid-19.
Ce qui s’est passé
Dans une interview accordée à BFMTV, Panot a évoqué l’idée d’un rachat massif de titres de dette par la BCE, rappelant que cette pratique avait déjà été mise en œuvre pour soutenir les États pendant la crise sanitaire. Elle a affirmé : « Ce que nous demandons c’est que la BCE mette au frigo cette dette« . Toutefois, cette proposition soulève des questions quant à sa faisabilité légale et économique.
Le contexte
Depuis plusieurs années, la question de la dette publique française est au cœur des débats politiques. Les économistes s’accordent à dire qu’une transformation en dette perpétuelle permettrait à l’État de ne pas rembourser le principal tout en continuant à verser des intérêts. Éric Heyer, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), souligne que bien que ce modèle soit théoriquement possible, il n’est pas courant dans la pratique actuelle.
Les chiffres à retenir
- En mars 2020, la BCE a racheté pour environ 1 050 milliards d’euros de dettes publiques et d’entreprises pour soutenir l’économie de la zone euro.
- Le taux d’intérêt de la France est actuellement de 4%, proche de celui de l’Allemagne à 3,2%.
- En 2010, dans le cadre du Securities Markets Programme, la BCE a racheté des titres de dettes de pays comme la Grèce et l’Espagne pour un montant d’environ 220 milliards d’euros.
Ce que cela révèle
La proposition de Panot met en lumière une contradiction fondamentale : alors que la France pourrait théoriquement bénéficier d’une telle me, la BCE n’est pas légalement en me de racheter indéfiniment la dette d’un seul pays. Roland Lescure, ministre de l’Économie, rappelle que pour que cela soit possible, un programme d’urgence de mes exceptionnelles serait nécessaire. Dans un contexte où les taux d’intérêt augmentent, la France doit naviguer prudemment pour ne pas envoyer un signal négatif aux marchés financiers.
Ce qu’il faut retenir
La suggestion de Mathilde Panot d’une « mise au frigo » de la dette publique française soulève des enjeux légaux et économiques majeurs. Si la BCE a montré qu’elle pouvait intervenir en période de crise, la réalité des marchés et des règles européennes rend cette proposition difficilement réalisable dans le cadre actuel.
Source : Franceinfo
