LFI 2026 : Quand le bras de fer institutionnel fait trembler le RN au-delà de l’Assemblée !
Le fait principal
La Loi de Finances Rectificative (LFR) 2026 a finalement été déposée à l’Assemblée nationale le 18 septembre, après un retard de trois jours. Cet épisode, loin d’être anodin, met en lumière des tensions profondes entre le pouvoir exécutif et le législatif au Sénégal.
Ce qui s’est passé
Le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô avait ordonné au ministre Cheikh Diba de transmettre la LFR d’ici le 15 septembre. Pourtant, ce délai n’a pas été respecté, et le président de l’Assemblée, Ousmane Sonko, a publiquement démenti avoir reçu la notification. Ce flottement a révélé une discordance inquiétante entre les intentions affichées par l’exécutif et leur mise en œuvre.
Le contexte
Selon l’article 68 de la Constitution, l’Assemblée nationale est responsable du vote des projets de lois de finances, tandis que l’article 42 confie au président le soin de déterminer la politique de la Nation. Ce cadre législatif est conçu pour asr un équilibre entre les pouvoirs. Toutefois, le gouvernement conserve le monopole de l’initiative budgétaire, ce qui complique le contrôle parlementaire sur les finances publiques.
Les chiffres à retenir
Le décret n° 2026-1645, qui a été signé par Bassirou Diomaye Faye, remplace un précédent décret du 29 juin 2026, resté sans suite. Ce changement indique une reprise des procédures budgétaires, soulignant les retards administratifs dans un contexte où le redressement des finances publiques est scruté par les partenaires internationaux du Sénégal.
Ce que cela révèle
Ce retard dans le dépôt de la LFR 2026 ne fait pas que soulever des questions administratives. Il met en exergue une tension structurelle dans le fonctionnement de la démocratie sénégalaise : d’un côté, l’exécutif a besoin de délais fiables pour mettre en œuvre sa politique budgétaire ; de l’autre, le Parlement doit exercer son contrôle, mais ne peut le faire que si les textes lui sont formellement soumis. Cette situation est d’autant plus préoccupante dans un pays où l’exécutif détient un pouvoir prépondérant sur le processus budgétaire.
Ce qu’il faut retenir
Le feuilleton de la LFR 2026 est révélateur des fragilités institutionnelles au Sénégal. Alors que l’exécutif peine à respecter ses propres délais, le contrôle parlementaire reste suspendu, illustrant ainsi les défis d’une gouvernance équilibrée. La question demeure : qui, finalement, tient les rênes de la politique budgétaire dans ce pays ?
Source : SeneNews
