Quand l’extrême droite rêve de revitaliser les centres-villes : un retour à l’ère des promesses oubliées ?
Le fait principal
Le commerce de centre-ville est en crise. Huit mois après la remise d’un rapport au gouvernement sur l’avenir du commerce de proximité, Frédérique Macarez, maire de Saint-Quentin, tire la sonnette d’alarme : les taux de vacance augmentent, les enseignes ferment, et la concurrence en ligne s’intensifie.
Ce qui s’est passé
Lors d’une table ronde au congrès de Villes de France à Roanne, Macarez a souligné que des facteurs comme la guerre au Moyen-Orient et la canicule ne facilitent pas la situation. Le ministre du Commerce, Serge Papin, a même prolongé les soldes jusqu’au 28 juillet pour compenser la baisse de fréquentation des magasins. Macarez appelle les nouveaux élus à élaborer une stratégie locale de revitalisation commerciale, mais insiste sur deux préalables : lutter contre la concurrence déloyale et l’économie souterraine.
Le contexte
Le constat est alarmant : de nombreuses villes souffrent de la déconnexion entre les loyers pratiqués et la réalité du marché. Les grandes foncières préfèrent laisser des locaux vacants plutôt que de les louer à des prix raisonnables, créant ainsi un déficit d’exploitation. La loi de finances pour 2026 a introduit des mes pour cibler les secteurs à revitaliser, mais les résultats restent mitigés.
Les chiffres à retenir
– Taux de vacance en hausse dans les centres-villes.- Seules quelques communes ont utilisé la taxe sur les friches commerciales, qui n’a pas eu les effets escomptés.- La loi de finances permet maintenant aux maires de limiter la taxe au périmètre d’une opération de revitalisation de territoire (ORT).
Ce que cela révèle
Les déclarations des élus semblent souvent déconnectées de la réalité. Stéphane Girard, directeur des opérations chez Mercialys, affirme que ce qui fait fermer les commerces, c’est l’absence de clients, et non les loyers. Pourtant, ce discours se heurte à une réalité où les loyers exorbitants découragent les nouveaux commerçants. Les promesses de revitalisation des centres-villes se heurtent à une gestion parfois désastreuse, laissant les citoyens perplexes face à l’inaction des décideurs.
Ce qu’il faut retenir
Les centres-villes sont à un tournant : entre promesses de transformation et réalités économiques, la route semble semée d’embûches. Les élus doivent agir rapidement et efficacement, sous peine de voir leurs centres-villes devenir des zones de non-droit commercial. La question est de savoir si les belles paroles se traduiront en actions concrètes.
Source : Michel Tendil, Localtis, 7 juillet 2026
