Croissance française à l'arrêt face au choc énergétique de la guerre en Iran

Croissance française à l’arrêt face au choc énergétique de la guerre en Iran

Publié le 30/04/2026 – 10:45 UTC+2
Mis à jour à 10:59

L’économie française s’est arrêtée net au premier trimestre 2026, selon les chiffres officiels publiés jeudi, tandis que la flambée des coûts de l’énergie liée à la guerre en Iran pèse sur les ménages et les entreprises.

La France et l’Italie ont toutes deux révisé à la baisse leurs prévisions de croissance, tandis que l’Allemagne a divisé par deux sa prévision pour 2026, à 0,5 %. Le produit intérieur brut (PIB) français est resté stable entre janvier et mars, marquant un net ralentissement par rapport à la croissance de 0,2 % enregistrée au dernier trimestre 2025, et un niveau inférieur aux prévisions des analystes.

Ces chiffres dessinent un tableau d’une économie en perte de vitesse sur tous les fronts. La consommation des ménages a reculé de 0,1 % sur le trimestre, tandis que l’investissement global a diminué de 0,4 %, affecté par la baisse de la construction et des biens manufacturés. Les exportations ont chuté de 3,8 %, amputant la croissance de 0,7 point de pourcentage via le commerce extérieur. Seule l’accumulation de stocks, qui a ajouté 0,8 point, a évité une contraction pure et simple.

Dans le même temps, l’inflation a accéléré pour atteindre 2,2 % en avril, son plus haut niveau depuis la mi-2024, un chiffre supérieur aux attentes des analystes, signalant des pressions sur les prix qui évoluent à contre-courant de la croissance.

Ces données ne reflètent que les premières semaines du conflit débuté le 28 février, lorsque des frappes américano-israéliennes ont visé les infrastructures militaires iraniennes, entraînant un blocus de facto du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole brut maritime mondial. Ces hausses de prix se répercutent directement sur les factures d’énergie des ménages, les coûts industriels et le transport, rognant le pouvoir d’achat au moment même où les consommateurs français se montraient déjà prudents.

L’économie de la zone euro pourrait se contracter au deuxième trimestre puis stagner durant la seconde moitié de l’année si le conflit se prolonge plusieurs mois, selon le think tank Chatham House. Les chiffres publiés jeudi annoncent une série d’estimations de PIB du premier trimestre pour les grandes économies européennes, avec une croissance globale de la zone euro attendue à 0,2 %.

Source : INSEE

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