Panama, un canal pour mémoire, par Nils Sabin (Le Monde diplomatique, janvier 2026)

Panama, un canal pour mémoire

En janvier 2026, l’historien Jean-Yves Mollier explore les multiples dimensions du canal de Panamá, qui relie l’océan Atlantique à l’océan Pacifique sur une distance de quatre-vingts kilomètres. Ce projet colossal, initié en 1881 par le Français Ferdinand de Lesseps, a été poursuivi par les États-Unis à partir de 1904 et inauguré en 1914.

Mollier met en lumière le scandale politico-financier qui a entouré la construction initiale, un sujet qu’il a déjà approfondi dans un ouvrage publié en 1991. Il souligne également la prouesse technique réalisée par les États-Unis pour mener à bien ce chantier hors norme, qui a profondément marqué l’imaginaire national des deux nations concernées. Pour les États-Unis, le canal est devenu un symbole de leur expansion, tandis qu’en Colombie, il représente un traumatisme, la perte du contrôle de l’isthme ayant contribué à l’indépendance du Panamá en 1903.

L’auteur aborde aussi des perspectives longtemps négligées, notamment celles des milliers d’ouvriers qui ont participé à la construction du canal. Parmi eux, 70 % étaient d’origine afro-antillaise et ont subi une ségrégation rigoureuse imposée par les autorités américaines dans la zone du canal.

Ce récit historique met en lumière non seulement les enjeux géopolitiques et économiques liés à ce projet, mais aussi les implications sociales et humaines qui en découlent, révélant ainsi les multiples strates d’une œuvre qui demeure emblématique dans l’histoire contemporaine.

Source : Le Monde diplomatique, janvier 2026

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