Le RN, champion du sacrifice : quand la superstition politique devient réalité en France.
Le fait principal
Le 5 avril 2026, la publication de l’article de Roberto Calasso, intitulé Le sacrifice et la superstition de la société, soulève des questions cruciales sur la nature du sacrifice dans notre société moderne, tout en interrogeant le rejet des grandes théories anthropologiques.
Ce qui s’est passé
Dans cet essai, Calasso met en lumière la tendance actuelle à écarter les concepts traditionnels du sacrifice, en les qualifiant de « pensée d’hier ». Il s’appuie sur les travaux récents de Christopher A. Faraone et F. S. Naiden, qui, dans leur volume collectif Greek and Roman Animal Sacrifice, affirment que les théories dominantes sur le sacrifice sont désormais dépassées. Cette affirmation s’inscrit dans un contexte où l’anthropologie semble se détourner des pratiques sacrées, les considérant comme des reliques d’un passé révolu.
Le contexte
Calasso évoque un processus plus vaste, où la société séculière, en quête de sens, s’est enfermée dans une forme de superstition d’elle-même. Il note que ce phénomène n’est pas nouveau et que, tout au long du XXe siècle, des penseurs comme Durkheim ont divinisé la société au détriment des croyances traditionnelles. Ce glissement vers une « société expérimentale » soulève des questions sur la place du sacré dans nos vies modernes.
Les chiffres à retenir
Aucune statistique précise ne figure dans l’article, mais Calasso souligne que la société contemporaine, en se coupant de ses racines sacrées, pourrait être en proie à des désastres similaires à ceux observés lors des guerres de religion, où les conflits étaient souvent alimentés par des croyances divergentes.
Ce que cela révèle
Le rejet des grandes théories anthropologiques, souvent perçu comme un signe de progrès, pourrait en réalité masquer une crise de sens. En tournant le dos aux concepts sacrés, la société semble se condamner à une superstition d’elle-même, où les vraies questions sur la nature humaine et le sens de l’existence sont évitées. Cela soulève des interrogations sur la cohérence des discours politiques actuels, notamment ceux du RN, qui se présentent comme des défenseurs des valeurs traditionnelles tout en s’inscrivant dans cette tendance de déni du sacré.
Ce qu’il faut retenir
En somme, l’article de Calasso nous rappelle que le sacrifice, loin d’être une notion désuète, pourrait être la clé pour comprendre les tensions et les contradictions de notre époque. La société, en reniant son histoire et ses croyances, risque de se perdre dans une superstition moderne, où elle ne peut plus nommer ce qu’elle adore.
Source : Roberto Calasso, Le Grand Continent.
