Le cargo à voile comme solution pour réduire les émissions du transport maritime.
Le cargo à voile va-t-il décarboner le transport maritime ?
La genèse d’un navire visionnaire entre tradition et industrie
Le projet Neoliner Origin a été conçu pour représenter un cargo du futur, alliant la propulsion vélique à des standards industriels. Ce concept, né d’une collaboration entre neuf cofondateurs, s’inspire de l’expérience de la marine marchande et du patrimoine maritime, tel que le célèbre voilier Le Belem.
Jean Zanuttini, l’un des cofondateurs, explique : « Nous voulions inventer un navire qui puisse répondre aux enjeux environnementaux tout en ayant une taille industrielle. Il s’agit d’un grand navire qui utilise le vent comme propulsion principale. »
Des innovations techniques de pointe au service de la propulsion vélique
Mesurant 136 mètres et capable de transporter divers types de marchandises, le Neoliner intègre des technologies avancées développées par des industriels français. Il est équipé de deux mâts en carbone de 76 mètres portant des voiles semi-rigides, les « Solid Sails », ainsi que d’ailerons anti-dérive rétractables pour optimiser la navigation.
Zanuttini précise : « Chaque mât peut pivoter à 360 degrés et est équipé de deux voiles, offrant une surface de voilure totale de 3000 mètres carrés. »
Performance énergétique et compétitivité face au défi climatique
Le modèle économique de Neoline repose sur une sobriété assumée, combinant une réduction de la vitesse commerciale à 10 ou 11 nœuds et l’exploitation du vent comme source principale de propulsion. Cela permet de réduire considérablement les émissions polluantes tout en maintenant des tarifs compétitifs grâce aux économies sur le carburant.
Zanuttini souligne : « L’objectif est de diviser par 5 la consommation de carburant par rapport à un navire conventionnel de même taille. En réduisant la vitesse à 10-11 nœuds, nous diminuons de moitié le besoin d’énergie. »
Une stratégie logistique axée sur de nouvelles routes maritimes
Pour éviter la concurrence directe des porte-conteneurs géants, l’entreprise a ouvert des lignes maritimes reliant l’Europe à l’Amérique du Nord et à l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Cette approche permet aux chargeurs régionaux de s’engager dans une démarche environnementale tout en réduisant leurs préacheminements terrestres et leurs émissions.
Zanuttini conclut : « Nous avons développé des lignes entre Saint-Nazaire, Saint-Pierre-et-Miquelon, Baltimore et Halifax, permettant une réduction des émissions terrestres pour les chargeurs. »
Source : Radio France
