En 2025, le collectif Les Morts de la rue a annoncé le décès de 927 personnes sans domicile en France, selon leur rapport annuel publié le 29 octobre 2026. Ce constat alarmant témoigne d’une réalité persistante et tragique du sans-abrisme, qui soulève des questions sur les politiques publiques et la prise en charge des plus vulnérables.

Un bilan accablant
D’après les données publiées par le collectif, 306 des décès ont concerné des individus ayant passé leurs trois derniers mois de vie dans la rue, tandis que 264 étaient hébergés temporairement. Pour 357 personnes, les circonstances de leur hébergement demeurent inconnues. En plus de ces 927 décès, le rapport mentionne 108 personnes qui avaient eu un passé d’« sans chez-soi » et 6 autres récemment à la rue.
Une réalité inchangée
Le chiffre de 927 décès marque une relative stabilité par rapport à l’année précédente, où 938 personnes étaient décédées dans des conditions similaires. Toutefois, le collectif souligne que les décès recensés ont été multipliés par 2,2 depuis le début des recensements en 2012. Ce phénomène illustre une tendance inquiétante qui interpelle sur l’efficacité des mesures de soutien aux sans-abri. Le collectif avertit que les chiffres officiels ne reflètent pas nécessairement la réalité, étant donné qu’ils se fondent uniquement sur les décès confirmés par des actes de décès, négligeant ainsi de nombreux cas non vérifiés.
Les causes de ces décès
L’âge moyen des personnes décédées était de 49 ans, bien en dessous des 79,5 ans observés dans la population générale. Le rapport fait état de 20 enfants de moins de 15 ans parmi les victimes. Les circonstances de ces morts révèlent un tableau lourd, avec 43 homicides, 43 noyades, 24 suicides, et d’autres situations tragiques telles que 16 décès dus à des incendies. Le froid a également été un facteur mortel, provoquant 22 décès, un chiffre qui représente le niveau le plus élevé depuis 2012.
Un appel à l’action
Les membres du collectif insistent sur le fait que le sans-abrisme constitue une atteinte à la dignité humaine et une grave violation du droit à un logement adéquat. Ils critiquent la réponse des autorités, estimant que l’action publique est insuffisante et que les politiques actuelles tendent à exclure davantage les plus vulnérables.
Pour mieux visualiser cet enjeu humain, le rapport inclut plusieurs témoignages qui rendent hommage à la mémoire de ces personnes disparues. Il appelle également à une réflexion sur des solutions plus durables et humaines pour lutter contre le sans-abrisme.
Source : Reporterre, le média de l'écologie – Indépendant et en accès libre (reporterre.net)
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