Communiqué de presse : 80 ans du statut du fermage : une conquête sociale à défendre face aux nouvelles menaces
Source : www.confederationpaysanne.fr

80 ans du statut du fermage : une conquête sociale en péril

Le 13 avril 1946, la France adoptait un statut qui allait transformer la vie des paysan·nes, mais aujourd’hui, cette avancée est menacée par des forces financières voraces.

Le statut du fermage et du métayage, célébré aujourd’hui pour ses 80 ans, est un symbole de la lutte contre la précarité. À une époque où les paysan·nes étaient contraints de vagabonder d’une ferme à l’autre, ce statut a offert une bouffée d’air frais, garantissant des baux de 9 ans renouvelables et des droits fondamentaux. Mais, comme souvent, le progrès social est aujourd’hui en danger.

Ce qui se passe réellement

Deux tiers de nos terres agricoles sont désormais sous le régime du fermage, mais cette régulation foncière est menacée par l’intrusion de sociétés financiarisées. Ces entités, où les travailleur·euses sont souvent minoritaires, concentrent les terres et rendent le droit de reprise presque illusoire. En production végétale, le travail à façon intégral est devenu la norme, et les exploitations échappent au contrôle traditionnel du fermage. Les baux à clauses dérogatoires, tels que les baux agrivoltaïques ou environnementaux, sont des pièges déguisés, limitant la liberté des preneurs tout en prétendant protéger l’environnement.

Pourquoi ça dérange

Cette situation est d’autant plus inquiétante qu’elle révèle une contradiction fondamentale : alors que l’on prône la protection des ressources naturelles, on assiste à une marchandisation des terres agricoles. Les marchés de compensations carbone et écologique, censés être des solutions, risquent de devenir des instruments de spéculation. Les propriétaires, au lieu d’être des gardiens des communs, se transforment en acteurs de la finance.

Ce que ça révèle

La menace qui pèse sur le statut du fermage est symptomatique d’une dérive plus large : celle d’une société où le capital prime sur le bien commun. La transparence des marchés, la régulation foncière et l’harmonisation des règles sont des principes qui devraient guider notre action, mais qui sont souvent ignorés au profit de l’intérêt financier immédiat.

Lecture satirique

Imaginez un monde où les paysan·nes, au lieu de cultiver la terre, deviennent des figurants dans un grand spectacle de la finance. Les terres, jadis nourricières, deviennent des actifs à rentabiliser. Le ministre de l’Agriculture, en inaugurant une salle « François Tanguy-Prigent », pourrait bien se demander s’il ne serait pas plus judicieux de suivre les pas de son prédécesseur en défendant réellement les droits des paysan·nes plutôt que de céder aux sirènes du capital.

À quoi s’attendre

Si nous ne réagissons pas, nous risquons de voir disparaître une conquête sociale essentielle. La lutte pour le statut du fermage est celle de tous, car elle touche à notre rapport à la terre, à la nourriture et à notre avenir. Mobilisons-nous pour protéger ce qui reste de nos droits face à la mainmise du capital.

Sources

Source officielle


Pour soutenir cette lutte, envisagez de voyager de manière responsable avec Kiwi.com ou de découvrir des activités locales sur GetYourGuide. Chaque geste compte dans la préservation de nos ressources et de nos droits.

Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire