1.700 migrants transférés du littoral de Ceuta vers le port de l’enclave espagnole.
Transfert de 1.700 migrants à Ceuta : une opération sous tensions
Dans un climat parfois tendu, la police espagnole a transféré vendredi des migrants vivant dans des conditions précaires depuis plusieurs semaines sur les plages de Ceuta vers des tentes pouvant accueillir jusqu’à 1.700 personnes dans le port de cette enclave en Afrique du Nord. Ce transfert fait suite à un afflux massif de migrants à la fin juillet, lorsque des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux mineurs, ont tenté de rejoindre Ceuta, provoquant une crise sans précédent dans ce territoire de 80.000 habitants.
Depuis cet événement, le Parti populaire (droite) et Vox (extrême droite) ont intensifié leurs appels au gouvernement du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, exigeant l’expulsion vers le Maroc de tous les migrants en situation irrégulière arrivés récemment, ainsi qu’une pression accrue sur Rabat pour faciliter ces renvois.
Le transfert des migrants a débuté tôt vendredi matin, vers 04H30 GMT, selon une source au sein de la délégation du gouvernement local. Des tensions ont été observées au début de l’opération, lorsque la police a dû intervenir pour contenir de nombreuses personnes cherchant à obtenir une place dans le nouveau site, comme l’ont montré des images diffusées par la télévision espagnole.
À la mi-journée, une source gouvernementale a indiqué que toutes les places aménagées avaient été attribuées, portant le total à 6.000 places disponibles dans des espaces temporaires d’accueil dans l’enclave. Le ministre de la Transformation numérique, Óscar López, a qualifié cette opération d’« étape clé », soulignant l’importance de reloger ces personnes pour éviter qu’elles ne dorment dans la rue et sur la plage, afin de faciliter leur identification et d’accélérer le processus.
Bien que la majorité des plus de 70.000 migrants qui étaient entrés dans l’enclave les 30 et 31 juillet soient rapidement retournés au Maroc, plusieurs milliers sont restés, entraînant une dégradation de la situation, marquée par des épisodes de violence et des manifestations quasi quotidiennes de la population locale réclamant un retour à la normale.
Les autorités espagnoles ont pour mission d’identifier chaque migrant afin de déterminer leur droit à l’asile ou, le cas échéant, d’engager le protocole de renvoi vers le Maroc. Le nombre exact de personnes présentes sur les plages de Ceuta n’est pas connu, mais il dépasserait la capacité d’accueil de la nouvelle structure du port, où les migrants auront accès à des douches, des sanitaires, de la nourriture et des lits neufs.
Le transfert a été lancé peu après qu’un tribunal a rejeté la demande d’un syndicat de policiers visant à bloquer le déplacement des migrants vers les tentes temporaires. Face au refus de l’autorité portuaire de Ceuta, le gouvernement de Pedro Sánchez a décidé de prendre le contrôle de cette installation, jusqu’alors sous la gestion de l’administration locale dirigée par le Parti populaire.
Les autorités locales estiment à 13.000 le nombre de personnes restantes à Ceuta, une estimation contestée par le gouvernement central, qui évalue leur nombre à un chiffre inférieur. Au-delà de la gestion de cette crise humanitaire, la question de l’information dont disposait l’exécutif à Madrid avant l’arrivée massive de migrants et le rôle du Maroc, avec lequel l’Espagne cherche à améliorer ses relations, sont également soulevées.
Source : TV5MONDE
