Une trêve, pas quatre années de paix
Selon RFI, le bombardement de la piste de l’aéroport de Sanaa, le 13 juillet 2026, a marqué la reprise des affrontements. Les forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite cherchaient à empêcher l’atterrissage d’un avion venu d’Iran. Ce fait de départ éclaire l’escalade, mais ne suffit pas, à lui seul, à expliquer pourquoi plusieurs fronts se sont rouverts : les objectifs des belligérants et les tensions régionales dépassent cet épisode. ([osesgy.unmissions.org](https://osesgy.unmissions.org/en/news/briefing-by-the-un-special-envoy-for-yemen-hans-grundberg-to-the-security-council-2?utm_source=openai))
La formule « quatre ans de cessez-le-feu » appelle d’ailleurs une précision. La trêve négociée sous l’égide de l’ONU a commencé en avril 2022 et a officiellement expiré en octobre de la même année. Elle a été suivie d’une relative accalmie militaire, non d’un accord de paix durable. Ce qui s’effondre en 2026 est donc un équilibre de fait, sur des lignes de front restées en place, plutôt qu’un traité mettant fin à la guerre. ([dppa.un.org](https://dppa.un.org/en/factsheet/special-envoy-yemen?utm_source=openai))
De Sanaa à Mokha : ce que confirme l’ONU
Le 10 septembre 2026, l’envoyé spécial de l’ONU Hans Grundberg signalait une offensive majeure des Houthis — également appelés Ansar Allah — sur la côte ouest. Il indiquait qu’ils avaient pris Mokha, ville portuaire située à environ 75 kilomètres du détroit de Bab el-Mandeb, tout en soulignant que les combats continuaient et que la situation restait mouvante. Il décrivait aussi des affrontements dans les régions de Taïz, Hodeïda, Maarib, Al-Jawf et Al-Bayda. La dimension « multi-fronts » n’est donc pas seulement une formule journalistique. ([osesgy.unmissions.org](https://osesgy.unmissions.org/en/news/briefing-by-the-un-special-envoy-for-yemen-hans-grundberg-to-the-security-council-2?utm_source=openai))
Au 9 octobre, Grundberg faisait état d’intenses combats dans les hauteurs à l’ouest et au sud de Taïz, ainsi que dans la province de Lahj. Il précisait que le gouvernement avait lancé une contre-offensive de grande ampleur et déclarait avoir repris des secteurs autour de Bab el-Mandeb. La nuance compte : une reprise annoncée par un belligérant n’établit ni un contrôle complet et durable du détroit ni la disparition des forces adverses dans la zone. RFI rapporte, de son côté, que les Houthis y restent présents. ([unmissions.org](https://www.unmissions.org/en/dppa/press-releases/special-envoy-for-yemens-remarks-to-the-security-council-as-delivered?utm_source=openai))
Un détroit stratégique n’est pas un détroit fermé
Bab el-Mandeb relie la mer Rouge au golfe d’Aden. Une progression militaire sur ses approches accroît les inquiétudes pour la navigation, sans prouver que le trafic maritime est interrompu. Le 15 septembre, un responsable de l’ONU indiquait que les flux commerciaux en mer Rouge semblaient, à cette date, ne pas être affectés, malgré la volatilité croissante de la situation. Il serait donc abusif de transformer chaque changement de position sur la côte en fermeture effective de cette route maritime. ([dppa.un.org](https://dppa.un.org/en/speeches-and-statements/asg-khiaris-remarks-to-the-security-council-on-developments-in-yemen?utm_source=openai))
RFI souligne le lien entre cette bataille et les tensions autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz. C’est une lecture géopolitique utile pour comprendre les enjeux régionaux, pas une preuve que chaque opération au Yémen serait décidée ailleurs. Sur le terrain, les forces gouvernementales veulent reprendre les territoires tenus par les Houthis ; ces derniers ont, eux aussi, cherché à modifier le rapport de forces par leurs offensives. Les ambitions affichées ne disent pas encore ce que chaque camp est capable de conserver. ([dppa.un.org](https://dppa.un.org/en/speeches-and-statements/usg-dicarlos-remarks-at-the-high-level-informal-interactive-dialogue?utm_source=openai))
Le coût humain, avant le bilan militaire
Une autre mesure de l’escalade vient de l’Organisation internationale pour les migrations. Dans son point du 13 septembre 2026, elle recensait 85 818 personnes déplacées au Yémen dans le contexte des combats en cours, dont 82 164 depuis le début du mois de septembre. Ce chiffre est daté : il ne décrit pas la situation au 9 octobre. L’organisation signalait également des départs vers Djibouti et des difficultés d’accès aux zones touchées, qui compliquent l’évaluation des besoins. ([yemen.un.org](https://yemen.un.org/en/322641-iom-yemen-yemen-displacement-tops-85000-conflict-continues-2000-flee-djibouti))
RFI rapporte enfin que l’ambassadeur du Yémen en France fixe comme objectif la défaite des Houthis et une progression jusqu’à Sanaa. C’est une déclaration de guerre politique, pas un résultat acquis. Quant à l’idée selon laquelle les négociations ne pourraient reprendre qu’après un nouveau partage du terrain, elle relève de l’analyse rapportée par RFI. Le 10 septembre, malgré l’intensification des combats, l’envoyé de l’ONU insistait au contraire sur le maintien des canaux de communication. La guerre s’étend ; l’issue militaire et le calendrier diplomatique restent ouverts. ([transcripts.un.org](https://transcripts.un.org/fr/sc/10219))
Source principale : Géopolitique : actualités, podcasts, vidéos et analyses – RFI (www.rfi.fr)
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Auteur : Guilhem Delteil
Sources complémentaires
- Envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, exposé du 10 septembre 2026 : Consulter l’exposé
- Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix de l’ONU, exposé du 9 octobre 2026 : Consulter l’exposé
- Organisation internationale pour les migrations, point du 13 septembre 2026 : Consulter le communiqué
- Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix de l’ONU, rappel sur la trêve de 2022 : Consulter la fiche



