L’Afrique : le continent oublié dans le nouveau désordre mondial

Alors que l’Ukraine brûle et que le Moyen-Orient s’embrase, l’Afrique se retrouve en première ligne des crises humanitaires, mais qui s’en soucie vraiment ?

Dans les années 1990, on parlait d’un « nouvel ordre mondial » fondé sur le droit international, les droits humains et la coopération entre États. Aujourd’hui, nous vivons plutôt dans un nouveau désordre mondial. La guerre en Iran en révèle à la fois la réalité et les dangers. Notre époque est marquée par une hyperconnectivité entre les États, mais par un recul de la coopération entre eux. Le besoin de règles est plus grand que jamais, mais le respect de ces règles s’érode. La responsabilité des puissants devrait être centrale, mais l’impunité tend à devenir la norme.

Ce qui se passe réellement

Alors que l’Ukraine est toujours en guerre et que le Moyen-Orient s’embrase, il peut sembler tentant de considérer que l’Europe n’a plus la capacité de se préoccuper aussi de l’Afrique. Ce serait une erreur. Depuis plus d’une décennie, l’Emergency Watchlist de l’International Rescue Committee (IRC) identifie les 20 principales crises humanitaires à venir. En 2014, environ 50 millions de personnes étaient déplacées de force et 100 millions avaient besoin d’une aide humanitaire. Aujourd’hui, ces deux chiffres ont plus que doublé. Dans le même temps, le financement de l’aide humanitaire mondiale a presque été divisé par deux au cours de l’année écoulée.

Plus de la moitié des pays figurant sur la Watchlist de l’IRC se trouvent en Afrique, où nous intervenons dans 16 pays avec près de 3 800 collaborateurs. La plus grande crise humanitaire au monde se déroule aujourd’hui au Soudan, où 30 millions de personnes ont besoin d’aide. Les 11 pays africains présents sur la Watchlist de l’IRC ne représentent que 8 % de la population mondiale, mais ils abritent un tiers des personnes déplacées de force dans le monde, un tiers de celles vivant dans l’extrême pauvreté et un tiers de celles ayant besoin d’une aide humanitaire.

Pourquoi cela dérange

Ce qui est dérangeant, c’est la dissonance entre les discours politiques et la réalité. Les dirigeants européens, tout en prônant la solidarité et l’humanité, semblent plus préoccupés par les frontières que par les vies humaines. L’Afrique, ce continent riche en ressources, est souvent traité comme un réservoir de problèmes à distance, plutôt qu’un partenaire à part entière.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont dramatiques : des millions de personnes en détresse, des crises humanitaires qui s’aggravent et un financement qui s’effondre. Pendant ce temps, les puissants continuent à s’enrichir, laissant les plus vulnérables à leur sort. La dette extérieure explose, et les promesses d’aide se transforment en mirages.

Lecture satirique

Ironiquement, alors que les gouvernements européens se vantent de leur engagement envers les droits humains, ils semblent oublier que ces droits s’appliquent aussi aux Africains. Les promesses de coopération sont souvent aussi creuses que les discours sur la paix mondiale. La réalité est que l’Afrique est devenue le parent pauvre de l’aide internationale, un continent dont on parle beaucoup, mais dont on agit peu.

Effet miroir international

Cette situation n’est pas sans rappeler les dérives autoritaires ailleurs dans le monde. Les États-Unis, avec leur politique d’immigration, et la Russie, avec ses interventions militaires, montrent que l’indifférence envers les crises humanitaires est un mal global. Les puissants semblent plus préoccupés par leurs intérêts géopolitiques que par la vie des gens.

À quoi s’attendre

Si la tendance actuelle se poursuit, nous pouvons nous attendre à une aggravation des crises humanitaires en Afrique, avec des millions de personnes laissées pour compte. La nécessité d’une réponse internationale solide et coordonnée n’a jamais été aussi pressante, mais qui osera briser le silence ?

Sources

Source : www.lemonde.fr

Visuel — Source : www.lemonde.fr
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