Villeneuve-de-la-Raho : Quand le golf se joue de la sécheresse
Un projet de golf qui piétine depuis plus de vingt ans, soutenu par une maire réélue, et un tribunal qui balaye les préoccupations environnementales. Ironie du sort ?
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À Villeneuve-de-la-Raho, dans les Pyrénées-Orientales, le projet de golf, qui inclut la construction de 600 logements, dont 150 sociaux, est devenu un serpent de mer. Après des années de débats, le tribunal administratif de Montpellier a tranché : les arguments des opposants, notamment des associations de protection de l’environnement, ont été écartés. Voilà un bel exemple de la manière dont la justice peut s’aligner sur des projets controversés, tout en ignorant les cris d’alarme des citoyens.
Ce qui se passe réellement
Le projet, né en 2003 et soutenu par la maire fraîchement réélue, Jacqueline Istres, a été ralenti par des déboires judiciaires. Récemment, les juges ont rejeté le recours d’associations qui dénonçaient la prolongation de la déclaration d’utilité publique. Didier Lachevre, président d’En commun 66, souligne que les promoteurs affirment que la sécheresse n’est pas structurelle, en se basant sur les 500 mm de pluie tombés en 2025. Une vision pour le moins optimiste, voire déconnectée des réalités climatiques.
Pourquoi cela dérange
Ce projet soulève des questions cruciales sur l’utilisation de l’eau. Les opposants dénoncent un « accaparement de l’eau publique pour un projet privé ». L’argument selon lequel l’arrosage du golf se fera avec de l’eau usée traitée ne fait qu’ajouter à l’absurdité de la situation. En effet, cette eau, bien qu’elle soit recyclée, aurait pu servir à d’autres usages, notamment pour maintenir les écosystèmes locaux, comme l’étang de Canet, classé Natura 2000.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences de cette décision sont alarmantes. En plus de la perte d’eau précieuse pour la nature, l’association En commun 66 a été condamnée à payer 1 500 euros de frais de justice. Pour financer cet appel, une cagnotte a été mise en place, mais elle n’a pour l’instant récolté que 977 euros. La guerre de l’eau continue, mais à quel prix ?
Lecture satirique
Il est fascinant de voir comment les discours politiques peuvent se contredire. D’un côté, on nous parle de sécheresse et de crise de l’eau, et de l’autre, on veut arroser un golf avec de l’eau traitée. C’est un peu comme si l’on prétendait résoudre la faim dans le monde en ouvrant un restaurant gastronomique. La déconnexion entre les promesses des élus et la réalité du terrain est frappante.
Effet miroir international
Ce projet rappelle les dérives autoritaires que l’on peut observer ailleurs, comme aux États-Unis ou en Russie, où les intérêts privés semblent toujours passer avant le bien commun. À Villeneuve-de-la-Raho, la logique est la même : un projet qui profite à quelques-uns au détriment de l’environnement et des citoyens.
À quoi s’attendre
Si la tendance se maintient, nous pouvons nous attendre à une intensification des conflits autour de l’eau et des ressources naturelles. Les décisions judiciaires ne semblent pas prêtes à changer de cap, et les citoyens devront continuer à se battre pour défendre leurs droits et leur environnement.




