Viktor Orban : Quand la Bourse s’inquiète plus que les électeurs

Les marchés parient sur la défaite d’Orban, tandis que ses proches voient leurs entreprises s’effondrer. Ironie du sort ou juste un coup de la Bourse ?

En Hongrie, la situation politique semble aussi instable que les actions des entreprises proches du pouvoir. Alors que Viktor Orban, le premier ministre nationaliste, se prépare pour des élections législatives, les marchés financiers semblent avoir décidé de lui faire un pied de nez. Les sondages montrent que son opposant pro-européen, Péter Magyar, est en tête, et la Bourse de Budapest réagit en conséquence. Qui aurait cru que la Bourse aurait plus de flair que les électeurs ?

Ce qui se passe réellement

En plus du pessimisme des instituts de sondage, Viktor Orban doit désormais aussi faire face à celui de la Bourse. Signe que les marchés semblent de plus en plus parier sur une défaite du premier ministre nationaliste hongrois aux élections législatives du dimanche 12 avril, plusieurs entreprises appartenant à des proches du dirigeant subissent de lourdes chutes à la Bourse de Budapest. Et ce, alors qu’à l’approche du scrutin les sondages montrant l’opposant pro-européen et conservateur Péter Magyar largement devant M. Orban se multiplient.

Détenue majoritairement par le fonds d’investissement d’Istvan Tiborcz, le gendre du premier ministre, la Granit Bank a, par exemple, perdu plus de 20 % de sa valeur depuis le début de janvier. Le transporteur routier Waberer’s, également contrôlé indirectement par M. Tiborcz, a chuté de plus de 10 %. Très proche du pouvoir, l’entreprise de télécommunications et de défense 4iG a plongé de plus de 38 %, tandis que la MBH Bank, connue pour avoir fourni le prêt qui a permis à la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, de financer sa campagne pour l’élection présidentielle de 2022, affiche − 12 %.

Pourquoi cela dérange

La chute des entreprises proches d’Orban n’est pas qu’une simple coïncidence. Elle met en lumière les contradictions d’un système où le népotisme et le favoritisme règnent en maîtres. Alors que le gouvernement prône la stabilité économique, les marchés montrent clairement que la confiance est en berne. Les promesses d’Orban de prospérité semblent s’effriter, tout comme la valeur des entreprises de ses amis.

Ce que cela implique concrètement

Cette situation pourrait avoir des conséquences désastreuses pour l’économie hongroise. Si les entreprises de ses proches s’effondrent, cela pourrait entraîner des pertes d’emplois et une instabilité économique accrue. Mais ne vous inquiétez pas, Orban a toujours une solution : blâmer les étrangers et les « ennemis de la nation ».

Lecture satirique

Il est fascinant de voir comment Orban, qui se présente comme le sauveur de la Hongrie, se retrouve à la merci des marchés. Peut-être devrait-il envisager une carrière dans la finance au lieu de la politique ? Après tout, il semble que les investisseurs aient plus de flair pour détecter les problèmes que ses propres électeurs. Qui aurait cru que le capitalisme de connivence pouvait être si… volatile ?

Effet miroir international

Cette situation n’est pas sans rappeler d’autres régimes autoritaires, où les proches du pouvoir s’enrichissent tandis que le peuple souffre. Que ce soit aux États-Unis avec certaines entreprises proches de l’administration ou en Russie avec les oligarques, le schéma reste le même : un petit groupe profite pendant que le reste de la population est laissé pour compte. La Hongrie, sous Orban, semble devenir un laboratoire de ce type de gouvernance.

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, on peut s’attendre à une intensification des tensions politiques et économiques. Orban pourrait être contraint de revoir sa stratégie, mais ne comptez pas sur lui pour admettre ses erreurs. Au lieu de cela, attendez-vous à des discours encore plus virulents contre les « ennemis de la nation ».

Sources

Source : www.lemonde.fr

Visuel — Source : www.lemonde.fr
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