Vietnam : Quand le Parlement devient le théâtre d’une comédie politique
Tran Thanh Man réélu, To Lam pressenti pour unifier les pouvoirs : un spectacle où la démocratie fait figure de figurante.
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Lundi, le Parlement vietnamien a réélu Tran Thanh Man à sa tête, comme si le suspense était insoutenable. À l’ouverture de cette session parlementaire, on attendait aussi la confirmation des principaux dirigeants de l’État, dont le Premier ministre, choisi par le Parti communiste, mais dont le nom reste un mystère. Un peu comme le bon vieux jeu de société « Où est Charlie ? », mais avec moins de couleurs et beaucoup plus de gris.
Ce qui se passe réellement
Le Parlement, qui compte 500 sièges, a donc vu Tran Thanh Man renouveler son mandat, tandis que To Lam, reconduit sans surprise comme secrétaire général, pourrait bien devenir président. Une belle manœuvre pour unifier le parti et l’État, à l’image de Xi Jinping en Chine. To Lam serait le premier à cumuler ces deux postes lors d’un congrès, un exploit qui ferait rougir de jalousie n’importe quel dictateur en herbe.
Dans son discours, To Lam a appelé les députés à adopter « une approche tournée vers le développement » et à éliminer « les goulets d’étranglement ». Une belle promesse, mais qui pourrait faire sourire ceux qui savent que l’Assemblée nationale sert principalement à ratifier les décisions du Parti communiste.
Pourquoi cela dérange
La contradiction est flagrante : on prône le développement tout en maintenant un système où le débat est aussi vivant qu’un poisson rouge dans un bocal. Les députés, élus avec près de 97% des sièges par un scrutin qui ferait pâlir d’envie n’importe quel régime autoritaire, sont là pour applaudir les décisions déjà prises en coulisses.
Ce que cela implique concrètement
En pratique, cela signifie que les réformes promises risquent de rester des vœux pieux, tandis que le pouvoir se concentre entre les mains de quelques-uns. Une belle démonstration de la manière dont la démocratie peut être façonnée à la manière d’un origami : jolie en apparence, mais vide de sens.
Lecture satirique
« Un pays qui applique des réformes stratégiques de manière proactive » ? Cela sonne presque comme une blague. En réalité, le Vietnam semble plus enclin à faire des promesses qu’à les tenir. Les « goulets d’étranglement » évoqués par To Lam pourraient bien être le reflet d’un système qui préfère la stagnation à l’innovation.
Effet miroir international
En regardant vers l’extérieur, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec d’autres régimes autoritaires, comme ceux des États-Unis ou de la Russie, où le pouvoir s’accumule également entre les mains de quelques individus. La démocratie, dans ces cas, devient un mot à la mode, un accessoire de mode plus qu’un véritable principe.
À quoi s’attendre
Si les tendances actuelles se poursuivent, on peut s’attendre à un renforcement du pouvoir centralisé et à une érosion progressive des libertés individuelles. Une belle promesse de développement, mais à quel prix ?
Sources
Source : information.tv5monde.com



