Venezuela : Quand la révolte se heurte à des gaz lacrymogènes
Des manifestants à Caracas réclament des augmentations de salaire, mais la réponse du gouvernement ? Des gaz lacrymogènes. Bienvenue dans le monde merveilleux de la politique vénézuélienne.
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(Caracas) La police vénézuélienne a tiré des gaz lacrymogènes sur des manifestants réunis jeudi à Caracas pour aller réclamer des augmentations de salaire devant le palais présidentiel de Miraflores, a constaté une équipe de l’AFP.
Ce qui se passe réellement
« Allons jusqu’à Miraflores », « Ils ont peur que le peuple arrive jusqu’à Miraflores », criaient les quelque 2000 manifestants aux forces de sécurité dans un face-à-face rapproché. Les agents de la police antiémeute, armés de boucliers de protection, ont tiré des gaz lacrymogènes pour contenir les manifestants encore dans le centre de Caracas, à quelques kilomètres du palais de Miraflores. Les manifestations sont devenues rares au Venezuela, surtout depuis la répression des rassemblements de l’opposition au président déchu Nicolás Maduro.
Pourquoi cela dérange
Les syndicats et les travailleurs se plaignent de salaires « de misère » gelés depuis quatre ans. Mercredi, la présidente par intérim Delcy Rodríguez a promis une « augmentation responsable » des salaires, érodés par des années d’inflation et un effondrement de l’économie. Mais pour les manifestants, ces promesses sonnent comme des mensonges. « Ça suffit, les mensonges, les pseudo-augmentations de salaire », a déclaré Mauricio Ramos, retraité de 71 ans.
Ce que cela implique concrètement
Le salaire minimum mensuel au Venezuela équivaut actuellement à 0,27 dollar, tandis que l’inflation annuelle dépasse les 600 %. Les salaires peuvent atteindre 150 dollars avec les primes versées par l’État, mais ce montant reste insuffisant pour couvrir le panier alimentaire de base d’une famille, estimé à 645 dollars.
Lecture satirique
Il est fascinant de voir comment le gouvernement vénézuélien, sous prétexte de « corriger les erreurs économiques du passé », choisit de répondre à des revendications légitimes par des gaz lacrymogènes. Une belle démonstration de l’art de la diversion : quand le peuple crie famine, on lui lance des lacrymos. On pourrait presque croire que la présidente par intérim a pris des cours de communication auprès de ses homologues autoritaires à travers le monde.
Effet miroir international
À l’échelle mondiale, cette situation rappelle les dérives autoritaires qui se multiplient, que ce soit aux États-Unis ou en Russie. Les gouvernements semblent avoir un talent particulier pour étouffer la dissidence, que ce soit par des lois répressives ou des interventions policières musclées. Un parallèle ironique qui souligne l’universalité de la répression.
À quoi s’attendre
Si la tendance actuelle se maintient, on peut s’attendre à une intensification des manifestations, suivie d’une répression accrue. Peut-être que la prochaine promesse de « hausse responsable » des salaires sera accompagnée d’un nouveau lot de gaz lacrymogènes. Après tout, pourquoi changer une méthode qui fonctionne si bien pour faire taire le mécontentement ?



