Venezuela : La Révolte des Centimes et les Gaz Lacrymogènes
Des milliers de Vénézuéliens se sont levés pour réclamer des salaires dignes, mais la réponse du gouvernement ? Un nuage de gaz lacrymogènes.
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Jeudi, près de 2 000 manifestants ont tenté de marcher vers le palais présidentiel à Caracas, exigeant des hausses de salaires et de pensions. En guise de réponse, la police vénézuélienne a sorti les gaz lacrymogènes, comme si la solution à la crise économique était de rendre l’air irrespirable. Un véritable chef-d’œuvre de la répression, n’est-ce pas ?
Ce qui se passe réellement
Les protestations, marquées par des slogans tels que « Sí, se puede » (Oui, nous le pouvons), révèlent un climat de peur en recul après des années de répression. Les manifestants, visiblement en colère, reprochent à la présidente par intérim Delcy Rodríguez son incapacité à gérer la crise du coût de la vie. Mercredi, elle a annoncé une hausse des salaires à partir du 1er mai, sans préciser le montant. En attendant, le salaire minimum reste fixé à 130 bolivars, soit quelques centimes d’euro, bien loin du seuil de pauvreté défini par les Nations unies.
Pourquoi cela dérange
La situation actuelle est une farce tragique. D’un côté, des promesses de hausses de salaires, de l’autre, des salaires qui ne suffisent même pas à acheter un café. Les Vénézuéliens, désespérés, réclament une revalorisation des salaires de base, plutôt que des primes qui ne font que masquer la stagnation des rémunérations. « Assez de cette tromperie autour des hausses de salaire, » s’insurge Mauricio Ramos, un retraité de 71 ans. On ne peut qu’applaudir l’ironie de la situation : des primes pour compenser des salaires de misère, c’est un peu comme offrir un bonbon à un affamé.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont désastreuses. Avec une hyperinflation dépassant les 600 % par an, les Vénézuéliens peinent à se procurer nourriture, médicaments et autres biens de première nécessité. La mobilisation de jeudi est la plus importante manifestation antigouvernementale depuis août 2024, témoignant d’une confiance retrouvée chez une partie de la population, après des années de répression.
Lecture satirique
Delcy Rodríguez, qui a pris le relais après le renversement de Nicolás Maduro, a plaidé pour une augmentation « responsable » des salaires. Comme si la responsabilité pouvait se mesurer en centimes. La réalité est que les Vénézuéliens sont pris en otage par un gouvernement qui préfère les gaz lacrymogènes aux solutions concrètes. Les promesses de réformes économiques et d’amnistie pour les prisonniers politiques semblent aussi vides que les poches des manifestants.
Effet miroir international
En observant la situation au Venezuela, on ne peut s’empêcher de faire des parallèles avec d’autres régimes autoritaires, où la répression est souvent la première réponse à la contestation. Que ce soit en Russie ou aux États-Unis, les gouvernements semblent avoir un talent particulier pour ignorer les cris de désespoir de leur population.
À quoi s’attendre
Les tensions risquent de s’intensifier. Si le gouvernement continue de réprimer les voix dissidentes au lieu de répondre aux besoins fondamentaux de la population, la colère pourrait se transformer en une tempête difficile à contenir. Les Vénézuéliens ne resteront pas silencieux éternellement.


