Valence : La lutte musclée contre le trafic de drogue transforme la ville

Mise à jour le 2026-01-29 22:32:00 : À Valence, l’usage de caméras et l’augmentation des forces de police modifient la lutte contre la délinquance.

À Valence, caméras, renforts policiers et expulsions ont profondément modifié la lutte contre le trafic de drogue. Si la délinquance recule fortement selon les autorités, certains habitants et associations dénoncent une insécurité persistante et des problèmes sociaux toujours présents.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Elles sont l’œil de la police municipale. Trois cents caméras de surveillance sont fixées sur Valence (Drôme). Jour et nuit, elles traquent les délinquants. Ce jour-là, le regard du directeur de la police est attiré par un comportement suspect. Dans un quartier sensible, un homme est filmé en train de vendre des stupéfiants. Il cache la drogue sous une pierre.

Les policiers municipaux partent pour l’interpeller en flagrant délit, appuyés par des motards. Ils arrêtent l’individu et retrouvent la drogue. L’homme nie les faits, mais la vidéo fait office de preuve. Il est emmené à la police nationale pour une garde à vue.

En dix ans, le nombre de policiers municipaux a doublé. Ils sont aujourd’hui 75, armés sur le terrain. Une lutte sans merci contre les trafiquants, dirigée par Xavier Dussel, directeur de la police municipale de Valence, ancien gendarme : « C’est une guerre de territoire, une bataille de territoires. Contre les narcotrafics, c’est celui qui tient le territoire qui en a la maîtrise. »

Il y a deux ans encore, la situation était critique. Les habitants filmaient les règlements de compte, les fusillades liées au trafic de stupéfiants. Huit morts en deux ans et une trentaine de tentatives d’homicide.

Pour éviter que Valence ne devienne une place forte du narcotrafic, l’État a décidé d’investir. En 2024, une unité spéciale de police nationale est créée : le groupe de sécurité et de proximité. Dix policiers patrouillent jour et nuit dans les quartiers prioritaires. Un membre de la brigade témoigne : « Là où il y avait des points de deal, il n’y a plus rien. Notre présence est permanente, alors ils se déplacent ailleurs, mais c’est éphémère. On finit toujours par y tomber dessus. » Ils inspectent caves et halls d’immeubles. Résultat : en deux ans, la délinquance a chuté de près de 40 % selon la préfecture et la mairie. L’an dernier, aucun mort n’a été recensé.

Le maire, Nicolas Daragon (LR), candidat à un troisième mandat, se félicite de cette politique sécuritaire renforcée : « On a mis en place un certain nombre de méthodes pour contraindre ceux qui pourrissent la vie de nos concitoyens à reculer. Chez le bailleur social, par exemple, les expulsions de ceux qui nuisent à tout leur environnement, la suppression des aides aux familles de mineurs délinquants qui n’acceptent pas d’assurer l’éducation de leurs enfants. On a pris une délibération en 2020. Alors oui, on a pris des méthodes qui sont un peu chocs, mais elles fonctionnent. »

En douze ans, 150 familles ont été expulsées. Le bailleur social Valence Romans Habitat montre des appartements fermés, autrefois occupés par des trafiquants. Yann Sechi, directeur de la proximité à « Valence Romans Habitat », explique : « On s’est appuyés sur les dettes locatives pour aller devant les tribunaux et procéder aux expulsions. »

Dans certains immeubles, les accès ont été condamnés et remplacés par des portes métalliques robustes pour empêcher les dealers de squatter les halls. Ces mesures ont permis de démanteler plusieurs points de deal. À l’immeuble du 11 Verdi, une vingtaine de trafiquants ont été emprisonnés et le quartier s’est apaisé. Les habitants témoignent d’un retour au calme, même si tous ne sont pas convaincus. Une association de défense des locataires rappelle que les violences n’ont pas totalement disparu. Alain Bonnet, président de la CLCV, déclare : « On entend encore des tirs de Kalachnikov, des coups de couteau. Ça existe toujours. »

Dans les hauteurs de Valence, les commerces ferment et les traces de violences restent visibles. Pour l’opposition municipale, la sécurité ne suffit pas. Jules Boyadjian, candidat du Collectif Citoyen (DVG), insiste : « Le problème de ce quartier, c’est que les services publics ont disparu, c’est qu’il y a une très grande pauvreté, le salaire médian est à 691 euros par mois, qu’on a une pauvreté qui est endémique avec 46% des habitants de ce quartier qui vivent sous le seuil de pauvreté et pourtant c’est un quartier extrêmement jeune. »

À Valence, 23 % des jeunes sont au chômage, soit quatre points de plus que la moyenne nationale. Emploi et sécurité seront sans doute les enjeux majeurs du prochain scrutin.

  • Articles de presse recoupés par notre enquête de terrain et des entretiens avec nos interlocuteurs locaux
  • Communiqué conjoint de la préfecture de la Drôme et de la mairie de Valence 2025 – baisse de la délinquance dans les quartiers prioritaires : -38,33 % (arrondi à -40 %)
  • Nicolas Daragon : maire de Valence depuis 2014 (LR), ancien ministre délégué à la Sécurité du quotidien en 2024
  • Xavier Dussel : directeur de la police municipale de Valence depuis 2020, ancien officier de la gendarmerie
  • Jules Boyadjian : ancien membre du PS, aujourd’hui directeur général adjoint de l’association Aurore, engagée auprès des publics précaires

Liste non exhaustive 

Ce qu’il faut savoir

  • Le fait : La délinquance à Valence a chuté de près de 40 % en deux ans.
  • Qui est concerné : Les habitants de Valence et les autorités locales.
  • Quand : Depuis 2024 avec l’instauration de nouvelles mesures.
  • Où : À Valence, Drôme, France.

Chiffres clés

  • 150 familles expulsées en douze ans.
  • 23 % des jeunes au chômage à Valence.

Concrètement, pour vous

  • Ce qui change : Renforcement des mesures de sécurité et des expulsions.
  • Démarches utiles : Suivi des aides sociales et des expulsions.
  • Risques si vous n’agissez pas : Maintien de l’insécurité et de la pauvreté.

Contexte

La situation à Valence a évolué grâce à des investissements dans la sécurité publique. Les autorités ont mis en place des mesures strictes pour lutter contre le trafic de drogue, entraînant une baisse significative de la délinquance. Cependant, des problèmes sociaux persistent, notamment la pauvreté et le chômage élevé parmi les jeunes.

Ce qui reste à préciser

  • Les mesures de sécurité sont-elles durables ?
  • Comment les problèmes sociaux seront-ils abordés à long terme ?

Citation

« C’est une guerre de territoire, une bataille de territoires. Contre les narcotrafics, c’est celui qui tient le territoire qui en a la maîtrise. » — Xavier Dussel, directeur de la police municipale de Valence

Sources

Source : Franceinfo

Source : Franceinfo

Visuel d’illustration — Source : www.franceinfo.fr

Source d’origine : Voir la publication initiale

Date : 2026-01-29 22:32:00 — Site : www.franceinfo.fr


Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets

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Publié le : 2026-01-29 22:32:00 — Slug : cameras-police-expulsions-la-strategie-musclee-de-valence-face-aux-trafiquants

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