Une seule santé : quand l’agro-industrie joue à cache-cache avec la réalité

La France organise un sommet sur la santé globale, mais les lobbies agricoles semblent avoir d’autres priorités.

INTRODUCTION : Alors que la France se prépare à accueillir une quarantaine de pays pour discuter de « Une seule santé », il est ironique de constater que certains acteurs économiques préfèrent jouer les sourds. En effet, la connexion entre santé humaine et écologie est souvent mise de côté au profit d’intérêts bien plus lucratifs.

Ce qui se passe réellement

« Une seule santé. » Cette idée séduit bien au-delà des médecins. En consultation, ceux-ci lient de plus en plus fréquemment l’état de leurs patients et leurs conditions de vie. Au niveau international, les Nations unies intensifient leurs efforts pour croiser les savoirs sur les santés humaine, animale, végétale et de l’environnement. Cela améliore la prévention et la lutte contre de nombreuses maladies. Pour accélérer la mobilisation, six ans après le surgissement de la pandémie de Covid-19, la France organise un sommet à Lyon auquel participent une quarantaine de pays et des experts du monde entier.

C’est d’autant plus nécessaire que la connexion entre santé et écologie est relativisée par des acteurs économiques. On le verra lors des débats sur la loi d’urgence agricole, présentée en conseil des ministres mercredi 8 avril. Les principaux syndicats de la profession veulent en profiter pour rétrograder dans la hiérarchie des normes le principe de précaution, au profit d’une vision très partielle du progrès et de l’innovation. Alors que des garde-fous sont nécessaires pour préserver le vivant ainsi que la qualité des sols et des eaux, une logique productiviste préfère marginaliser le droit à vivre sainement. Entre ces intérêts contradictoires, le législateur devra se souvenir que la vie en bonne santé est un enjeu prioritaire pour l’État, les citoyens et les finances publiques.

Pourquoi cela dérange

Il est fascinant de voir comment les discours politiques peuvent se contredire. D’un côté, on prône une approche holistique de la santé, et de l’autre, on cherche à affaiblir le principe de précaution. Comme si la santé des citoyens pouvait être mise en balance avec les profits des lobbies agricoles. C’est un peu comme dire que l’on veut protéger les abeilles tout en leur offrant des pesticides en guise de friandise.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences de cette incohérence sont alarmantes. Si le principe de précaution est affaibli, cela pourrait mener à des pratiques agricoles encore plus nocives pour l’environnement et la santé publique. Les citoyens pourraient se retrouver à consommer des produits dont la sécurité n’est pas garantie, tout cela au nom d’une innovation qui ne profite qu’à quelques-uns.

Lecture satirique

Il est presque comique de voir les ministres prôner la santé publique tout en se pliant aux exigences des syndicats agricoles. On pourrait croire qu’ils jouent à un jeu de société où le but est de trouver le moyen le plus absurde de contourner la logique. Promettre une vie saine tout en marginalisant les garde-fous, c’est un peu comme vouloir faire un régime tout en se servant une part de gâteau au chocolat à chaque repas.

Effet miroir international

En regardant au-delà des frontières, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec les politiques autoritaires qui, elles aussi, ignorent les besoins fondamentaux de leurs citoyens au profit d’intérêts économiques. Que ce soit aux États-Unis ou en Russie, la santé publique est souvent reléguée au second plan, remplacée par des discours creux sur le progrès.

À quoi s’attendre

Si les tendances actuelles se poursuivent, nous pouvons nous attendre à une aggravation des problèmes de santé publique. Les citoyens devront se battre pour obtenir des produits sains, tandis que les lobbies continueront de dicter leur loi. La question est : jusqu’où cela ira-t-il avant que les citoyens ne se réveillent ?

Sources

Source : www.la-croix.com

Visuel — Source : www.la-croix.com
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