Des policiers américains de l’ICE, à Chicago. Photo d’illustration. JACEK BOCZARSKI / ANADOLU VIA AFP
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Comment une belle histoire d’amour a fini par conduire une Française de 86 ans dans un centre de rétention de l’ICE, aux Etats-Unis ? C’est le scénario cauchemardesque d’une Nantaise, Marie-Thérèse, et de ses proches depuis une dizaine de jours, selon « Ouest France », qui revient sur la terrible mésaventure de l’octogénaire.
Née en pleine seconde guerre mondiale, au Pouliguen, entre la Baule et le Croisic, sur la côte Atlantique, Marie-Thérèse est embauchée à moins de 20 ans comme secrétaire bilingue sur une base de l’Otan, située à proximité de Saint-Nazaire, à Montoir-de-Bretagne. Elle y rencontre Billy, un soldat américain dont elle tombe amoureuse. Idylle brisée par la décision du général De Gaulle de sortir de l’Otan, en 1966. Comme ses compatriotes, Billy doit faire ses valises et retourner aux Etats-Unis.
Si les deux jeunes gens trouvent chacun l’amour dans leur pays et se marient, ils ne s’oublient pas. En 2010, Marie-Thérèse parvient à reprendre contact avec Billy, retraité de l’armée américaine, au sein de laquelle il était colonel et pilote d’hélicoptère. Les deux couples se rencontrent s’invitent les uns chez les autres, plusieurs fois.
Jusqu’au jour, en 2022, où les deux tourtereaux, devenus veufs tous les deux, se retrouvent aux Etats-Unis. Après plusieurs allers-retours entre la petite ville d’Anniston, dans l’Alabama, et Orvault, dans l’agglomération nantaise où Marie-Thérèse habite, le couple annonce en avril 2025 son mariage à leurs enfants respectifs. Les amoureux s’installent aux États-Unis. Un vrai conte de fées, selon le fils de Marie-Thérèse, Nantais lui-aussi, qui décrit Billy comme « un homme charmant, adorable », auprès du quotidien régional.
« On aurait dit deux adolescents. »
Mais le rêve prend fin quelques mois plus tard en janvier 2026, avec la mort de Billy.
Guerre de succession, intimidations et… dénonciation ?
Récemment installée aux Etats-Unis, Marie-Thérèse n’a pas encore sa carte verte, le fameux visa permanent américain. Or, la succession de Billy se passe mal : l’un des fils de l’ancien soldat américain menace la Française, va jusqu’à lui couper l’eau, l’électricité, Internet… Marie-Thérèse prend un avocat et l’affaire se retrouve au tribunal. Une audience était fixée… le 9 avril. Mais l’octogénaire est arrêtée huit jours plus tôt.
Ce jour-là, des agents de l’ICE, la fameuse police de l’immigration américaine, rendue toute puissante par Donald Trump, viennent l’arrêter à son domicile dans l’Alabama et l’embarque « menottée aux pieds et aux mains comme une dangereuse criminelle », déplore son fils auprès de « Ouest France », qui décrit « un mauvais scénario de film américain ». « Ce sont ses voisins qui nous ont prévenus », raconte-t-il. Comme son frère et sa sœur, il est inquiet de savoir sa mère, qui souffre de problèmes cardiaques et de gros maux de dos, enfermée dans un centre de rétention, au milieu de soixante-dix autres détenus, dans un autre état américain, en Louisiane.
« Chaque matin, je me réveille en me disant que ce n’est pas vrai, que j’ai fait un cauchemar. »
Les enfants de Marie-Thérèse n’obtiennent des nouvelles de leur mère qu’une semaine après son arrestation, après une visite consulaire.
« Elle tient le choc. Notre mère est une combattante. C’est une force de la nature », tente de se rassurer son fils.
« Elle est surnommée l’Insubmersible par les autres détenues. »
Le Nantais, tout comme « Ouest France », ne peut s’empêcher de relier cette arrestation et le procès contre le fils de Billy, qui s’est tenu en l’absence de sa mère.
Selon des voisins de l’octogénaire, qui sont allés témoigner au tribunal et on racontait l’audience aux enfants de Marie-Thérèse, elle aurait gagné son procès. Mais ce n’est plus le sujet pour l’heure. « L’urgence, pour nous, c’est de la sortir de ce centre de rétention et de la faire rapatrier en France », insiste son fils.
« Au vu de sa santé, elle ne tiendra pas un mois dans de telles conditions de détention. »
Une octogénaire française arrêtée par l’ICE : le rêve américain à la sauce cauchemar
Marie-Thérèse, 86 ans, mariée à un Américain, se retrouve dans un centre de rétention. Une belle histoire d’amour qui tourne au drame, révélatrice des dérives d’un système migratoire déshumanisant.
Comment une belle romance entre une Française et un soldat américain a-t-elle pu se transformer en un scénario digne d’un film d’horreur ? La réponse se trouve dans l’histoire de Marie-Thérèse, une Nantaise dont le rêve américain s’est mué en cauchemar. À peine mariée, elle se retrouve menottée, traînée par des agents de l’ICE, la police de l’immigration américaine, comme une criminelle en fuite.
Ce qui se passe réellement
Marie-Thérèse, née pendant la Seconde Guerre mondiale, a rencontré Billy, un soldat américain, sur une base de l’OTAN. Après des décennies séparés par des mariages et des vies, ils se retrouvent et se marient en 2025. Mais le rêve tourne court : Billy décède en janvier 2026, laissant Marie-Thérèse, sans carte verte, vulnérable face à la loi américaine. Son histoire prend un tournant tragique lorsque l’un des fils de Billy, en pleine guerre de succession, l’intimide et la menace. Alors qu’elle se bat pour ses droits, elle est arrêtée par l’ICE, quelques jours avant une audience judiciaire cruciale.
Pourquoi cela dérange
Ce cas met en lumière les incohérences d’un système migratoire qui, sous couvert de sécurité, se révèle impitoyable. Comment une octogénaire, qui a contribué à la société et a épousé un citoyen américain, peut-elle être traitée comme une criminelle ? La réponse est simple : la bureaucratie et l’inhumanité d’un système qui semble plus préoccupé par des chiffres que par des vies humaines.
Ce que cela implique concrètement
Marie-Thérèse est enfermée dans un centre de rétention, entourée de soixante-dix autres détenus, alors qu’elle souffre de problèmes de santé. Ses enfants ne reçoivent des nouvelles qu’une semaine après son arrestation, illustrant l’angoisse et l’angoisse d’une famille déchirée. Cette situation soulève des questions sur la dignité humaine et les droits des immigrés, souvent piétinés au nom de la sécurité nationale.
Lecture satirique
Dans un pays qui se vante d’être une terre d’accueil, comment expliquer que l’on puisse menotter une femme de 86 ans comme si elle était une menace pour la société ? Cela ressemble à une farce tragique, où les promesses d’un rêve américain se heurtent à la réalité d’un système qui ne fait pas de distinction entre les innocents et les criminels. Les discours politiques sur la sécurité et la loi semblent ici totalement déconnectés de la réalité humaine.
Effet miroir international
Ce cas n’est pas isolé. Il rappelle les dérives autoritaires observées dans d’autres pays, où les droits des individus sont souvent sacrifiés sur l’autel de la sécurité. Que ce soit aux États-Unis, en Russie ou ailleurs, la tendance à criminaliser les immigrés et à renforcer les politiques de répression est alarmante. La question se pose : jusqu’où ira-t-on pour protéger une illusion de sécurité ?
À quoi s’attendre
Si la situation de Marie-Thérèse ne change pas rapidement, il est à craindre qu’elle ne devienne une autre victime d’un système qui ne fait pas de place pour la compassion. Les conséquences de cette affaire pourraient avoir un impact sur la perception des politiques migratoires aux États-Unis, mais aussi sur la manière dont les autres pays gèrent leurs propres systèmes d’immigration.
Sources




