Une mère se bat pour interdire le protoxyde d’azote après la mort de son fils
Mise à jour le 2026-03-26 17:05:00 : Le gouvernement propose de punir la consommation de protoxyde d’azote, mais une mère estime que cela ne suffit pas.
Table Of Content
Le gouvernement veut créer trois nouveaux délits punissant la consommation et le transport de protoxyde d’azote. La proposition est intégrée au projet de loi de lutte contre la délinquance et la criminalité organisée présentée en Conseil des ministres mercredi 25 mars 2026. Ce gaz hilarant consommé dans un usage récréatif est à l’origine d’accidents et de plusieurs morts.
La foudre s’est abattue le 31 août 2020 sur la famille Scattarreggia originaire de Saint-Jean-Rohrbach (Moselle). Kenny, âgé de 18 ans, meurt dans un accident de la route. Le conducteur avait inhalé du protoxyde d’azote, perdant tout repère avec la réalité. Amandine, la mère de Kenny précise désabusée : « Le jeune qui conduisait n’avait plus aucun sens de la réalité, il se croyait dans un avion. » Sauf que la voiture ne s’est pas envolée mais a percuté deux arbres.
Amandine Scattarreggia. Son fils Kenny est décédé dans un accident de la route. Le conducteur avait inhalé du protoxyde d’azote.
•
© Amandine Scattarreggia.
Depuis, Amandine a rejoint la Ligue contre la violence routière et mène un combat acharné afin de faire interdire le protoxyde d’azote en vente libre. Nous l’avons jointe afin d’entendre sa réaction à propos du projet de loi du gouvernement. Si elle accueille le projet comme une étape importante, ce ne sera pas suffisant pour stopper le fléau : « C’est encore insuffisant. C’est un premier pas, mais on est loin de ce qu’il faut parce que la consommation de protoxyde d’azote doit être considérée comme une circonstance aggravante en cas d’accident. »
C’est un premier pas, mais on est loin de ce qu’il faut parce que la consommation de protoxyde d’azote doit être considérée comme une circonstance aggravante en cas d’accident.
Pour que le protoxyde d’azote soit classé parmi les stupéfiants et considéré comme circonstance aggravante, il faut mener des études afin de mettre au point un test. C’est indispensable pour quantifier la quantité présente dans l’organisme comme le taux d’alcool ou la présence de drogue : « Pourquoi l’État n’aiderait pas les chercheurs qui mettent au point des protocoles pour quantifier le protoxyde d’azote ? Il faut commencer par là. »
Bouteilles de protoxyde d’azote.
•
© Fabrice Rosaci/ FranceTélévisions
Pas de quoi rire pour les victimes et les familles touchées par ce fléau s’insurge Amandine : « Utiliser le terme gaz hilarant, je suis totalement contre. Quand des jeunes entendent le mot « hilarant », ils se disent : Ah bah on va rigoler ! Ce n’est pas un gaz hilarant, c’est un gaz toxique. »
Amandine aimerait que l’État s’implique aussi dans la prévention auprès des jeunes : « Vous trouvez normal que moi, qui ai perdu mon fils, aille faire de la prévention sans aide de l’État ? »
En 2022, selon un rapport de Santé publique France, 14 % des 18-24 ans ont déjà expérimenté le protoxyde d’azote.
Amandine Scattarreggia à Lille au NOxforum, le congrès consacré à la prévention et aux intoxications au protoxyde d’azote.
•
© Amandine Scattarreggia.
Selon l’Agence Santé publique France, depuis 2020, les signalements d’intoxications liées à l’usage détourné du protoxyde d’azote sont en hausse continue. Sa consommation peut entraîner des complications sévères, parfois irréversibles.
Amandine poursuit sa croisade contre le « proto ». Lorsque nous l’avons contactée, elle et son mari se rendaient à Lille au NOxforum, le congrès consacré à la prévention et aux intoxications au protoxyde d’azote.
Ce qu’il faut savoir
- Le fait : Le gouvernement propose de punir la consommation de protoxyde d’azote.
- Qui est concerné : Les jeunes et leurs familles.
- Quand : Présenté en Conseil des ministres le 25 mars 2026.
- Où : En France.
Chiffres clés
- 14 % des 18-24 ans ont expérimenté le protoxyde d’azote en 2022.
- 3 % des jeunes en ont consommé au cours de l’année.
Contexte
Le protoxyde d’azote, souvent considéré comme un gaz hilarant, est à l’origine de nombreux accidents mortels. Les familles touchées demandent une prise de conscience et des mesures plus strictes.
Citation
« C’est un gaz toxique, pas un gaz hilarant. » — Amandine Scattarreggia, mère de Kenny.
Sources
Source : Santé publique France

Source d’origine : Voir la publication initiale
Date : 2026-03-26 17:05:00 — Site : france3-regions.franceinfo.fr
Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets
Application : Téléchargez Artia13 Actualité (Android)
Notre IA anti-désinformation : Analyzer Fake News (Artia13)
Publié le : 2026-03-26 17:05:00 — Slug : le-jeune-qui-conduisait-se-croyait-dans-un-avion-cette-mere-en-guerre-contre-le-protoxyde-dazote-a-perdu-son-fils-dans-un-accident-de-la-route
Hashtags : #jeune #qui #conduisait #croyait #dans #avion #cette #mère #guerre #contre #protoxyde #dazote #perdu #son #fils #dans #accident #route



