Un homme « brisé » : témoignage poignant d’une séparation difficile
Mise à jour le 2026-01-25 22:00:00 : Richard, fin quarantaine, partage son expérience de séparation, révélant les défis émotionnels d’une rupture.
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Richard* nous attend, attablé derrière des lunettes fumées et un café. Il fait gris, en ce petit vendredi, mais notre interlocuteur prétexte ici une sensibilité à la lumière.
Très vite, on comprend que ce ne sont pas vraiment des lunettes. Il s’agit davantage d’une armure, ou d’un ingénieux paravent, afin de dissimuler non pas ses yeux, mais plutôt ses émotions, impossibles à refouler.
Et notre échange sera effectivement émotif. Pendant pas loin de deux heures, l’homme, fin quarantaine, nous parlera de sa blonde – pardon, son ex, un mot qu’il peine à prononcer sans s’étrangler – et surtout la mère de ses enfants. Il sera beaucoup question d’eux, de la peine qu’il souhaite leur épargner, de la formulation choisie pour leur expliquer, et de cet engagement ferme à ne jamais, au grand jamais, leur parler en mal de leur autre parent.
On l’aura compris : le témoignage qui suit ne sera pas gai. Mais il sera vrai. Richard est tout juste séparé. En fait, il ne l’est pas encore officiellement. La famille ne le sait pas. Une poignée d’amis, fidèles au poste, sont au courant. Les enfants, pas encore. Richard a voulu leur épargner les Fêtes et le début de l’année. Bref, notre homme a les deux pieds dans ce chaos sans nom, ce tremblement de terre indicible, qui met fin à une histoire qu’il croyait sinon éternelle, du moins inébranlable.
Il faut dire que son château de cartes a mis du temps à s’effondrer. Pendant près de 20 ans, il y a cru dur comme fer. Certes, les dernières années ont été laborieuses, pour toutes sortes de raisons – on y viendra – mais leurs fondations semblaient si solides…
C’est au tournant de la trentaine qu’il rencontre la mère de ses enfants, appelons-la Juliette*, après une bonne dizaine d’années à papillonner, à gauche à droite, et avec des « amies modernes », comme il dit. « J’ai une libido très, très, très élevée, débute notre homme. Même encore aujourd’hui. »
Si je pouvais faire l’amour cinq fois par jour, je le ferais !
Richard, fin quarantaine
Richard travaille à l’époque dans des bars, vit de nuit et multiplie les flirts et les déménagements, avant de finalement se caser, contre toute attente, en rencontrant sa Juliette. Il débarque chez elle au deuxième rendez-vous, un certain vendredi – « et je ne suis jamais reparti ! »
Il faut dire qu’il a trouvé son match : au lit, c’est « formidable », enchaîne-t-il. « Elle a une libido aussi forte que la mienne. Des journées, on faisait l’amour treize fois, huit fois, dix fois ! C’était respectueux et excitant. Aucune affaire qui sort vraiment du cadre, mais une sexualité saine. Pauvre madame qui restait à côté de l’appartement, elle a dû nous entendre souvent ! »
« Moi, ce qui m’excite, glisse-t-il, c’est l’excitation de ma conjointe ! Voir qu’elle veut quelque chose que je peux lui donner, c’est extraordinaire ! »
La lune de miel s’étire sur de nombreuses années. Même les enfants n’ont pas (trop) raison de leur libido. Tout semble donc aller pour le mieux, dans le meilleur des mondes, jusqu’à tout dernièrement, en fait. Il y a cinq ou six ans, plus exactement, Richard note que leur rythme de croisière commence à ralentir. Il a le sentiment qu’ils font « beaucoup moins » l’amour. Puis, en faisant le calcul, il constate : « Sur 30 jours, on avait fait l’amour 31 fois ! »
N’empêche que tout est relatif. Et ça ne semble pas aller en s’améliorant. Tranquillement, mais hélas sûrement, leurs ébats s’espacent et deviennent de plus en plus « hygiéniques ». L’élan, la joie et l’appétit n’y sont plus, à tel point que Richard s’arrête une bonne fois carrément dans le feu de l’action. « “Tu n’as pas de plaisir, je vais arrêter.” C’en était presque désagréable… »
La toute dernière fois ? C’était il y a un an. Juliette lui fait alors cette déclaration fracassante : « J’ai des doutes, je me pose des questions », paraphrase-t-il. Il grimace de douleur en résumant la « tempête parfaite » qu’il la voit traverser. Pensez : des soucis au boulot, quantité de défis avec les enfants, des décès dans son entourage, même des enjeux de rénovation. Pour couronner le tout : un épuisement professionnel. « Et elle a la périménopause accotée », enchaîne Richard, visiblement informé, en nous citant ses multiples symptômes. « Le jackpot. »
Il ne perd pas espoir, ils entament une thérapie, et Richard épaule sa Juliette comme il peut, lui laissant du temps, de l’espace et surtout de l’air. Or voilà qu’il y a un mois, celle-ci confirme l’impensable : je ne t’aime plus. Son visage se tord. On laisse Richard se ressaisir. Il enchaîne, la voix étouffée :
Le plus dur, c’est le manque de tendresse. […] Ça m’a tué carrément…
Richard, fin quarantaine
Elle ferme désormais la porte pour se changer, garde ses distances au lit, il ne l’a pas vue nue depuis des lustres. « C’est une des pires affaires. Je la trouve belle ! […] Moi, je suis un colleux. Un romantique ! […] Ne plus se coller en cuillère ? C’est épouvantable… »
Dieu merci, notre homme est bien entouré. Il ventile auprès de ses amis, consulte une thérapeute, envisage de se joindre à un groupe d’entraide pour parents divorcés. Le plan de match pour la séparation est aussi bien en marche, constate-t-on, à l’écouter nous résumer la garde partagée anticipée. « Mais je suis en crisse », laisse-t-il tomber. Pas contre elle. « Je suis en crisse contre moi, précise-t-il. Peut-être que je n’ai pas su déceler, peut-être que je l’ai prise pour acquis ? […] Et puis je suis en crisse contre la situation. […] Pas voir mes enfants une semaine ? Dans mon esprit, c’est complètement débile. »
Pour la première fois de sa vie, Richard a pris une résolution au Nouvel An. « Je vais essayer au maximum de prendre soin de moi. […] Là, je suis détruit, moralement, émotionnellement, amoureusement. Ma confiance en moi est à moins mille », conclut-il. Puis, tout doucement, il ajoute : « Mais je le sais que ça va passer. […] Et je veux m’en sortir… »
* Nom fictif, pour protéger son anonymat
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Ce qu’il faut savoir
- Le fait : Richard partage son expérience d’une séparation difficile.
- Qui est concerné : Les couples en crise et leurs enfants.
- Quand : Témoignage publié le 25 janvier 2026.
- Où : Canada.
Contexte
Les séparations peuvent avoir des répercussions émotionnelles profondes sur les individus et leurs familles. Richard illustre les défis d’une rupture, notamment en ce qui concerne la communication avec les enfants et le soutien émotionnel.
Sources
Source d’origine : Voir la publication initiale
Date : 2026-01-25 22:00:00 — Site : www.lapresse.ca
Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets
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Publié le : 2026-01-25 22:00:00 — Slug : derriere-la-porte-un-homme-brise
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