Un Dijonnais de 70 ans décède au Tchad : son ami témoigne des circonstances tragiques

Mise à jour le 2026-02-18 06:30:00 : Un homme de 70 ans, porté disparu au Tchad, a été retrouvé mort après une chute dans le désert. Son ami, présent lors des faits, souhaite rétablir la vérité.

Nous avions évoqué ce sujet dans nos colonnes, le vendredi 13 février. Un homme de 70 ans, originaire de Dijon, avait alors disparu au Tchad. Parti en vacances dans ce pays d’Afrique centrale, il s’y était rendu avec deux de ses amis pour un festival. Seulement deux jours plus tard, son corps a été retrouvé dans une zone classée rouge par le ministère des Affaires étrangères français. L’une de ses connaissances, présente au Tchad lors des faits, témoigne pour France 3 Bourgogne et souhaite rétablir la vérité sur ce qu’il s’est vraiment passé en ce jour funeste.

« Nous avons retrouvé le corps sans vie dans les montagnes de Bachekele, et attendons le procureur pour qu’il dresse le constat avant tout évacuation sur N’Djamena [capitale du Tchad, NDLR] », indiquait le 13 février, le ministre tchadien de la Culture et du tourisme, Abakar Rozi Teguil, à l’AFP. Présents tous les trois pour le Festival international des cultures sahariennes, les trois Français avaient alors décidé de partir en randonnée durant leurs derniers jours au Tchad.

« Quand on était sur place, il n’y avait aucun danger. Peut-être que le Tchad est situé en zone rouge par la France, mais on n’a pas eu le même ressenti », nous explique Pascal Frochon. Selon lui, « on a fait ce fameux festival et le lundi on est allés voir une course de chameaux. Après on est partis pour les sites historiques classés à l’UNESCO : le Massif d’Ennedi. Ce sont des monuments rocheux sculptés par le vent. Sur place, on était 80 personnes. Je ne pense pas qu’un pays où ce serait à risque, prenne le risque d’emmener 80 personnes se promener dans une zone de danger ».

Des montagnes de ce type sont présentes dans le désert.

© Photo fournie par Pascal Frochon

Il précise « qu’on était entourés par une petite présence militaire, mais qui était quand même relativement discrète et aucunement on s’est senti menacés de quoi que ce soit. On a vu en France, que l’on racontait qu’on était partis seuls dans le désert et sans eau, c’est complètement faux ».

Les trois compères sont alors partis à la rencontre de l’Arche Julia. Alors qu’ils ont été emmenés en 4×4 dans le secteur, ils ont poussé la découverte un peu plus loin. « Tout le monde est parti, seul. Hormis quelques groupes faits par les gens qui se sont rencontrés sur place. Moi je suis parti tout seul », confirme le Dijonnais Pascal Frochon.

J’avais à peu près trois litres d’eau dans mon sac à dos. J’avais un briquet, j’avais du papier WC, comme quelqu’un qui baroude un petit peu.

Pascal Frochon

L’un des Dijonnais partis au Tchad

« Moi, je suis allé voir cette arche, je l’ai contournée par la droite j’ai vu un troupeau de dromadaires qui arrivait, j’ai discuté un peu avec les gens qui dirigeaient le troupeau, enfin discuter, par gestes. On a fait des photos et ensuite j’ai contourné l’arche. Chacun faisait un peu ce qu’il voulait sur place, il n’y avait pas de consignes », nous détaille-t-il.

C’est là où j’ai retrouvé Paul [son compagnon de voyage], lui était parti avec un groupe de trois amis et il voulait un peu prendre leurs distances, parce qu’on était quand même l’un sur l’autre depuis quatre ou cinq jours.

Pascal Frochon

L’un des Dijonnais partis au Tchad

D’après le compagnon de voyage de la victime, ils cherchaient un autre monument naturel, « il y avait une heure de marche, pour voir de magnifiques falaises en forme d’éléphant », mais c’est sur le retour que les choses se sont compliquées. « Là, on commence à être vers midi, il faut savoir que le summum de la température c’est à 14 heures, on savait que ça commençait à ventiler par le sol. On rencontre des 4×4, on recharge un peu en eau. On continue, on marche, on marche, on marche, et à un moment donné, ça commençait à tourner, à chauffer ».

Pascal Frochon et son ami sont alors en plein milieu du désert, sur un sentier et les idées sont de plus en plus floues. « J’ai vu que Paul commençait à speeder. Je n’ai pas compris pourquoi il ne buvait pas beaucoup, peut-être qu’il était un petit peu désorienté. Il faut savoir que quand on est dès le départ et qu’on part sur cette fameuse arche, on monte un petit peu et ça redescend un peu. À un moment donné, on ne voit pas le camp qui est en contrebas ».

Lui me dit que pour rejoindre le camp, c’est derrière. Je lui dit que je vais me poser un petit peu, il part lui en éclaireur. C’était à une centaine de mètres.

Pascal Frochon

L’un des Dijonnais partis au Tchad

C’est à ce moment que les deux hommes se séparent et que Paul devient introuvable. « À savoir qu’on a eu plus de 40-45 degrés ce jour-là. Je lui ai dit on se repose et on repart. Il a continué. Je me suis reposé 45 minutes et je me suis dit, bon, Paul est devant, il faut quand même aller voir. J’ai suivi les traces pendant à peu près 15-20 minutes et à un moment donné, sur la droite partait une piste 4×4. Je me suis dit là je n’ai pas le courage, ça serait idiot. Au bout de 10 minutes, j’ai vu quelque chose qui scintillait à travers les acacias et c’était un 4×4 qui passait. J’avais une écharpe bleue, un chèche bleu. Je l’ai agité ».

Ils ont déclenché des recherches peut être deux heures après en envoyant des motos et des 4×4. C’était la nuit, j’ai voulu partir avec eux ont m’a dit : on va le rechercher. Donc j’ai veillé, j’ai attendu. Et le lendemain matin, enfin dans la nuit ils se sont revenus, les motos sont revenus, je suis allé voir, ils n’avaient rien retrouvé.

Pascal Frochon

L’un des Dijonnais partis au Tchad

Au départ, ce dernier n’a pas voulu rentrer au camp, « j’ai dit non, surtout pas ! Il était dans la nature, on cherche Paul, c’est la priorité ! Là le temps tourne et il faut le retrouver. Le lendemain ils ont prévenu l’ambassade, le quai d’Orsay. Là ils ont cherché toute la journée, je voulais rester sur place. Au début, on m’a dit : reste avec nous car tu as vu, tu sais. Après on m’a dit non, non tu pars, on n’a pas besoin de toi, c’est bon ».

À son réveil, le lendemain, Pascal Frochon apprenait le décès de son ami. « Je suis allé voir mon autre ami qui était très éprouvé, on s’est serré dans les bras. C’est une fin d’histoire tragique. On est rentrés comme deux amis éplorés, et d’autant plus éplorés qu’il y avait des journalistes qui, le soir même de la disparition ont balancé l’information en France ». Pour le Dijonnais, il faut toutefois remettre certains faits en place, « on a lu que s’il est mort, c’est parce qu’ils ont fait du hors-piste. Nous, on n’a pas voulu faire du hors-piste, on a voulu rentrer au camp ».

Aujourd’hui, Pascal Frochon affirme ne pas savoir si l’autopsie a eu lieu, ni connaître la date du rapatriement du corps de son ami. « J’attendais une nouvelle des enfants pour le savoir. J’ai d’immenses pensées pour eux, parce que je me sens coupable d’avoir abandonné quelqu’un ».

Ce qu’il faut savoir

  • Le fait : Un Dijonnais de 70 ans est décédé au Tchad après une chute dans le désert.
  • Qui est concerné : Les touristes et les voyageurs au Tchad.
  • Quand : Le 11 février 2026.
  • Où : Guelta de Bachikele, Tchad.

Sources

Source : France 3 Bourgogne

Source : Politique de confidentialité de France Télévisions

Visuel d’illustration — Source : france3-regions.franceinfo.fr

Source d’origine : Voir la publication initiale

Date : 2026-02-18 06:30:00 — Site : france3-regions.franceinfo.fr


Auteur : Cédric Balcon-Hermand — Biographie & projets

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Publié le : 2026-02-18 06:30:00 — Slug : touriste-dijonnais-decede-au-tchad-son-ami-temoigne-on-racontait-quon-etait-partis-seuls-et-sans-eau-cest-completement-faux

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