Israël : La peine de mort pour les Palestiniens, un retour à la loi du Talion ?

Itamar Ben Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, célèbre l’adoption d’une loi controversée qui pourrait mener à l’exécution de Palestiniens, tout en brandissant le spectre d’une justice à deux vitesses.

Le 31 mars, Itamar Ben Gvir a déclaré, coupe de champagne à la main : « C’est historique ! Avec l’aide de Dieu, bientôt nous les exécuterons un par un ! » Cette phrase, qui pourrait faire rougir d’envie n’importe quel tyran, a été prononcée pour célébrer l’adoption d’une loi instaurant la peine de mort « pour les terroristes ». Une loi qui, sous couvert de sécurité, vise explicitement les Palestiniens accusés d’attaques meurtrières contre des Israéliens.

Ce qui se passe réellement

Introduite par Limor Son Har Melech, du parti nationaliste Otzma Yehudit, et Nissim Vaturi, vice-président de la Knesset, la loi stipule que « quiconque cause intentionnellement ou par indifférence la mort d’un citoyen israélien pour des motifs de racisme ou d’hostilité envers une communauté » sera passible de la peine de mort. Une formulation qui rappelle étrangement la loi du Talion, ciblant de facto les Palestiniens.

En Cisjordanie occupée, la peine capitale sera appliquée par défaut si l’homicide est qualifié d’acte de terrorisme par la justice militaire israélienne. En d’autres termes, un « résident de la région » (comprenez : un Palestinien) pourrait être condamné à mort sans que cela ne s’applique aux colons israéliens. Une belle illustration de la justice à deux vitesses.

Sanction par défaut

La loi précise que la peine de mort, « par pendaison », sera appliquée dans un délai de 90 jours après la condamnation, avec la possibilité d’un report de 180 jours. La bande de Gaza, quant à elle, n’est même pas mentionnée dans le texte, mais un projet de loi parallèle vise à établir un tribunal spécial pour juger ceux impliqués dans le massacre du 7 octobre.

Si la peine de mort existe en Israël, elle n’a été appliquée que deux fois : contre un capitaine de l’armée en 1948 et Adolf Eichmann en 1962. On peut donc se demander si cette nouvelle loi est réellement une nécessité ou simplement un coup de com’ électoral.

Pourquoi cela dérange

Peu après l’adoption de cette loi, l’Association pour les droits civils en Israël (ACRI) a déposé un recours en urgence devant la Cour suprême, la qualifiant d' »inconstitutionnelle et discriminatoire ». En effet, la Knesset n’a pas le pouvoir de légiférer pour la Cisjordanie, où Israël n’exerce aucune souveraineté. Mais qui se soucie des lois quand il s’agit de plaire à l’électorat de droite ?

Ce que cela implique concrètement

Cette loi pourrait ouvrir la voie à des exécutions arbitraires, renforçant ainsi l’idée d’un État qui se permet de jouer à la roulette russe avec la vie de ses citoyens, selon leur origine ethnique. Les tribunaux militaires israéliens affichent un taux de condamnation de plus de 99 % pour les Palestiniens, ce qui laisse présager un avenir sombre pour ceux qui se retrouveront dans le viseur de cette nouvelle législation.

Lecture satirique

La promesse de Ben Gvir de « tenir ses engagements » semble plus être une promesse de campagne qu’une véritable démarche de justice. En effet, comment peut-on parler de justice tout en instaurant une loi qui ne fait qu’accentuer les divisions et les inégalités ? La réalité est que cette loi est un outil de propagande, un moyen de séduire une base électorale de plus en plus radicalisée.

Effet miroir international

Cette dérive autoritaire rappelle les politiques de répression observées dans d’autres pays, où les gouvernements utilisent la peur pour justifier des lois draconiennes. Les États-Unis et la Russie, par exemple, ont également leurs propres versions de lois qui ciblent des groupes spécifiques sous prétexte de sécurité nationale. Mais qu’en est-il de la justice ?

À quoi s’attendre

Si cette loi est maintenue, il est à craindre qu’elle ne devienne un précédent dangereux, ouvrant la porte à d’autres mesures similaires. La communauté internationale, déjà préoccupée, pourrait intensifier ses critiques, mais à quel prix ? Les promesses de Ben Gvir pourraient bien se transformer en cauchemar pour des milliers de Palestiniens.

Sources

Source : www.france24.com

Visuel — Source : www.france24.com
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