Tunisie : La Répression d’un Combat Antiraciste en Mode Autoritaire
La récente condamnation de Saadia Mosbah, figure emblématique de la lutte antiraciste en Tunisie, révèle une volonté manifeste du pouvoir de s’attaquer aux voix dissidentes. Une répression qui s’inscrit dans une dynamique autoritaire inquiétante.
Table Of Content
La militante antiraciste Saadia Mosbah, récemment condamnée à huit ans de prison pour « malversations financières », n’a pas seulement été victime d’un procès : elle est le symbole d’une justice instrumentalisée. Le président Kais Saied, après son coup d’État en 2021, a pris soin de mettre la justice sous tutelle, révoquant 57 magistrats pour s’assurer que le verdict soit à sa convenance. Ironie du sort, alors que Saadia est accusée de vouloir « coloniser la Tunisie par des migrants subsahariens », le véritable délit semble être son engagement pour les droits humains.
Ce qui se passe réellement
La justice tunisienne, désormais sous le joug du pouvoir, est devenue un outil de répression. Les accusations portées contre Mosbah sont des calomnies qui s’inscrivent dans une campagne de dénigrement orchestrée par le régime. Le décret 54, qui punit la diffusion de fausses informations, est utilisé pour traquer toute critique du gouvernement, tandis que les mensonges sur Saadia circulent librement sur les réseaux sociaux.
Il est à noter que toutes les personnes condamnées dans cette affaire sont noires, ce qui exacerbe la haine raciste déjà présente dans la société tunisienne, encouragée par le régime. La loi de 2018, censée réprimer l’expression raciste, est devenue un simple décor, alors que la haine se déverse sans retenue.
Pourquoi cela dérange
Ce qui est particulièrement absurde, c’est que le régime, tout en prétendant lutter contre le racisme, exacerbe les tensions en stigmatisant les migrants. La théorie du grand remplacement, empruntée à l’extrême droite européenne, est devenue un sujet politique central, transformant la peur en arme de manipulation.
Ce que cela implique concrètement
La répression des voix dissidentes et la stigmatisation des migrants créent une situation explosive. Les migrants, bloqués en Tunisie, sont privés de leurs droits et deviennent des boucs émissaires. Le régime, en jouant sur les peurs, s’assure une base de soutien tout en détournant l’attention des véritables problèmes économiques et sociaux du pays.
Lecture satirique
Il est fascinant de voir comment le régime tunisien, tout en se drapant dans le manteau de la lutte contre le racisme, s’illustre par ses propres dérives. La promesse d’une justice équitable se heurte à la réalité d’un système judiciaire aux ordres. Le paradoxe est savoureux : un gouvernement qui prétend défendre la nation en emprisonnant ses défenseurs.
Effet miroir international
Cette situation rappelle les dérives autoritaires observées ailleurs, notamment en Europe, où les discours xénophobes et les politiques de fermeture des frontières se multiplient. La Tunisie, en jouant le rôle de garde-frontières pour l’Europe, s’inscrit dans une logique de collaboration qui ne fait qu’aggraver la situation des migrants.
À quoi s’attendre
Les tendances actuelles laissent présager une intensification de la répression. Les mobilisations pour les droits humains risquent de se heurter à une résistance accrue du régime, qui n’hésitera pas à recourir à des méthodes de plus en plus brutales pour étouffer toute contestation.


