La récente annonce de la Russie concernant la reprise des négociations tripartites avec les États-Unis et l’Ukraine après les élections de mi-mandat américaines soulève de nombreuses questions quant à l’avenir des relations internationales. Au cœur de ces discussions, une rencontre potentielle entre Vladimir Poutine, Joe Biden et Xi Jinping pourrait ouvrir la voie à un « nouveau Yalta », résonnant avec les événements de 1945 où les grandes puissances ont redessiné les contours d’une Europe dévastée par la guerre.

Le fait de départ

Lors d’une réunion en octobre 2026, le président russe Vladimir Poutine a évoqué la possibilité d’une rencontre trilatérale avec Joe Biden et Xi Jinping, en marge du sommet de l’APEC prévu les 18 et 19 novembre en Chine. Pour Poutine, l’objectif de cette rencontre serait de discuter de la guerre en Ukraine, tandis que Biden a affirmé que les discussions seraient centrées sur le désarmement nucléaire, un diviseur qui témoigne de la méfiance persistante entre les deux puissances.
Les faits et les chiffres
En août 2025, Poutine et Trump avaient déjà pris part à des discussions sur l’Ukraine, sans aucun autre pays dans la pièce, mettant en lumière une dynastie de négociations similaires qui semble passer outre les nations directement concernées, comme l’Ukraine elle-même. La manœuvre historique comparative à Yalta souligne non seulement l’absence de consultation des pays européens et ukrainiens, mais aussi le risque d’un véritable partage des zones d’influence entre les trois grandes puissances, sans égard pour les droits des acteurs locaux.
Ce que montrent les données
Le préjudice pour l’Ukraine est palpable : le président Volodymyr Zelensky a déjà demandé à être inclus dans ces discussions. La situation fait écho à l’époque post-Seconde Guerre mondiale, où les décisions étaient, en grande partie, prises sans la participation des nations directement affectées. Ce fait met en exergue le dilemme de l’ordre international contemporain, qui est déjà contesté par les pays émergents qui souhaitent voir leurs voix prises en compte dans la dynamique mondiale en cours.
Ce que disent les acteurs
Du côté russe, Poutine apparaît comme l’architecte de cette démarche, cherchant à renforcer sa position tout en signifiant qu’il est un acteur incontournable dans la résolution des conflits mondiaux. Biden, quant à lui, doit jongler entre les intérêts américains et les pressions politiques internes qui pourraient voir d’un mauvais œil une telle rencontre avec Poutine. À la manière d’un célèbre dramaturge, ce sont les coulisses mêmes de la géopolitique qui se jouent, et ça se sent. Le récit de puissance occupé tant par le Kremlin que par la Maison-Blanche raconte bien plus qu’un simple partage de cartes géographiques.
Ce que l’on peut réellement conclure
Ce projet de rencontre souligne une réalité troublante : celle de la montée en puissance de discussion sur l’échiquier global, qui se fait majoritairement sans consultation des parties affectées. Cela pourrait nourrir un récit de puissance qui marginaliserait encore plus les voix du monde, particulièrement celles des nations de l’Est européen, également affectées par le conflit russo-ukrainien. La question reste de savoir si cet agencement pourra réellement offrir une issue constructive à une guerre qui reste un malheur pour tant de peuples.
Les limites de l’analyse
Bien que le parallèle avec Yalta soit séduisant, il présente des limites. En 1945, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’URSS avaient un ennemi commun en la forme de l’Allemagne nazie. Aujourd’hui, les motivations des États-Unis et de la Russie divergent profondément, tout comme les intérêts de la Chine qui ne s’engagerait peut-être qu’en faveur de sa propre sphère d’influence. Il est donc incertain que cette rencontre puisse produire les mêmes effets qu’il y a près de huit décennies.
Ce qu’il faut retenir
La dynamique actuelle entre Moscou, Pékin et Washington incarne un moment charnière dans la gouvernance mondiale. Alors que ces trois leaders envisagent de rencontrer en dehors du cadre habituel, les implications pour les pays directement concernés, comme l’Ukraine, soulignent un déséquilibre perturbant dans l’ordre mondial. Le vrai défi sera de voir si ce « nouveau Yalta » pourra s’affranchir des leçons du passé et proposer une réelle stabilité à un monde de plus en plus polarisé.
Source principale : Géopolitique : actualités, podcasts, vidéos et analyses – RFI (www.rfi.fr)
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Auteur : Guilhem Delteil







