Haïti : Entre promesses internationales et réalité sanglante
La communauté internationale s’exprime, mais pendant ce temps, Haïti continue de sombrer dans la violence des gangs. Qui est vraiment responsable ?
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Alors que les déclarations pleuvent de toutes parts, les autorités haïtiennes semblent avoir pris des vacances prolongées. La violence des gangs, elle, ne fait pas de pause. À Port-au-Prince et dans d’autres villes, l’État s’efface, laissant place à un règne de terreur orchestré par des groupes armés. Meurtres, enlèvements, pillages : bienvenue dans le quotidien haïtien, où la loi du plus fort a remplacé celle de la République.
Ce qui se passe réellement
Le 28 mars, le gang Gran Grif a attaqué la localité de Jean-Denis dans l’Artibonite, laissant entre 30 et 80 personnes assassinées, certaines brûlées vives. Des dizaines de maisons ont été incendiées, et des milliers d’habitants ont fui, transformant la région en un « foyer de terreur pour les agriculteurs ». Pendant ce temps, un policier kényan a perdu la vie, le deuxième depuis le déploiement de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMSS) en 2024, jugée inefficace face à la complexité du terrain.
Entre 80 et 90 % de la capitale serait désormais sous l’influence des gangs, privant les habitants de leur sécurité et de leur liberté de circulation. En 2024, 5 601 personnes ont été tuées, et en 2025, le chiffre a grimpé à 5 915. La crise de l’insécurité est devenue une réalité profondément enracinée, affectant chaque aspect de la vie quotidienne des Haïtiens.
Pourquoi cela dérange
La communauté internationale, souvent accusée d’inefficacité, ne peut pas porter l’entière responsabilité. La crise est le fruit de décennies de mauvaise gouvernance, de corruption et d’impunité. Les dirigeants haïtiens doivent se réveiller : il est temps de construire des institutions solides et de renforcer la justice. Sinon, toute aide extérieure ne sera qu’un pansement sur une plaie béante.
Ce que cela implique concrètement
Les conséquences sont tragiques : des parents hésitent à envoyer leurs enfants à l’école, des commerçants ferment boutique, et des familles s’endettent pour payer des rançons. Les déplacés survivent dans des conditions précaires, souvent sans accès à l’eau potable ni aux soins de santé. Le peuple paie un prix que ni les promesses internationales ni les discours des élites ne compensent.
Lecture satirique
Les discours politiques résonnent comme des échos dans une vallée vide. Les promesses de sécurité et de paix sont aussi creuses que les mots des politiciens qui les prononcent. Pendant que les acteurs politiques débattent, le peuple haïtien continue de compter ses morts. La sécurité d’un pays ne peut pas être importée; elle doit être construite avec des actions concrètes. Mais qui a le temps pour cela quand il s’agit de faire des déclarations ?
Effet miroir international
À l’échelle mondiale, les parallèles avec les dérives autoritaires se multiplient. Les États-Unis, la Russie et d’autres pays semblent parfois plus préoccupés par leurs intérêts géopolitiques que par le sort des populations qu’ils prétendent aider. La situation en Haïti est un triste reflet de cette hypocrisie.
À quoi s’attendre
Avec l’annonce d’une nouvelle mission internationale, la population attend avec méfiance. Les promesses de changement sont accueillies avec scepticisme. La coordination avec les autorités haïtiennes et une volonté politique claire seront essentielles pour éviter de reproduire les erreurs du passé.
Sources
Source : www.courrierinternational.com



